Genève - Aider les jeunes qui ont décroché après l’école
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GenèveAider les jeunes qui ont décroché après l’école

L’Etat a présenté ce mardi le suivi de son allocation pour les 18-25 ans qui veulent se former. Le Covid a freiné le développement du dispositif.

par
Léonard Boissonnas
Pandémie oblige, seules 26 personnes ont pu recevoir une allocation préformation, au lieu de la centaine prévue.

Pandémie oblige, seules 26 personnes ont pu recevoir une allocation préformation, au lieu de la centaine prévue.

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Eviter le recours à l’aide sociale dès le début de l’âge adulte. C’est le but du projet pilote du Département genevois de la cohésion sociale, via un dispositif d’allocation de préformation (APF) pour les jeunes âgés de 18 à 25 ans en décrochage scolaire. Il s’agit de soutenir financièrement ceux qui, sur une base volontaire, souhaitent s’engager dans une formation professionnelle par divers biais (stage en entreprise, remise à niveau scolaire, stage découverte, semestre de motivation). Sorte de bourse d’études, l’APF prévoit une aide forfaitaire de 1000 francs mensuels, pendant six mois, renouvelable deux fois. Ce soutien est complété par la prise en charge de l’assurance-maladie et une participation au loyer.

Lancé peu avant la pandémie

Lancé officiellement en février 2020, ce projet pilote est «particulièrement ambitieux, mais il a été entravé dans sa pleine mise en oeuvre, car il a été lancé quelques jours avant le début de la pandémie», a expliqué ce mardi Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat chargé de la Cohésion sociale, lors d’un point de situation après un an. De fait, au lieu d’une centaine de personnes qui auraient pu en profiter cette année, seuls 26 jeunes y ont eu recours jusqu’au mois d’avril 2021.

Toutefois, cette mesure est «nécessaire» aux yeux du conseiller d’Etat, d’autant plus que la crise due à la pandémie aura des «effets retard». L’Hospice général gère actuellement 14’658 dossiers, a-t-il rappelé: 13% d’entre eux concernent des jeunes de 18 à 25 ans et 68% de ceux-ci sont sans formation, alors que la formation à Genève est maintenant obligatoire jusqu’à la majorité. «Il y a un enjeu à les accompagner pour les inscrire dans une insertion durable», a insisté Thierry Apothéloz. Yves Reymond, responsable des prestations spécialisées à l’Hospice général, a constaté que ces jeunes faisaient face à «des ruptures successives, qui les dégoûtent.»

Nombreux bénéfices

La prestation a de multiples avantages, ont constaté les autorités. Elle permet de mettre l’accent sur la formation, de construire un projet de stabilité, d’améliorer l’estime de soi, d’augmenter les compétences sociales. Cela permet aussi aux assistants sociaux de consacrer davantage de temps aux projets d’insertion plutôt que d’être enfermés dans une logique de surveillance, comme la vérification des factures, a encore détaillé le conseiller d’Etat socialiste. Les jeunes qui en bénéficient sont «globalement satisfaits d’avoir cette prestation sans la contrainte des justificatifs, a indiqué Yves Reymond. On travaille dans la confiance et cette confiance est appréciée.»

Si ce projet est «en pleine phase de rodage», comme l’a décrit Thierry Apothéloz, l’objectif en 2021 est la prise en charge d’une centaine de situations. Puis, en fin d’année et après un bilan, «nous déciderons si nous mettons le turbo», a ajouté l’élu. Le but à terme est que, sur les 13% de jeunes inscrits à l’Hospice, un quart d’entre eux soient bénéficiaires de cette prestation, même s’il faut admettre qu’il y aura des échecs, a encore prévenu le conseiller d’Etat. «Le marché de l’emploi est en profonde mutation, l’APF est un bon outil», a-t-il conclu.

Apte à gérer son budget

Pour bénéficier de l’APF, il faut être inscrit à CAP Formations, dispositif qui réunit l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue, l’Office cantonal de l’emploi et l’Hospice général. Il faut notamment être apte à gérer son budget, ont insisté les autorités. En un an, outre les 26 bénéficiaires, quatre personnes sont sorties du dispositif en raison d’une reprise de formation ou d’apprentissage, deux l’ont quitté avec l’arrêt du suivi à CAP Formations, tandis qu’une vingtaine de candidats pour lesquels les démarches avaient été initiées n’en ont finalement pas eu besoin en raison d’une entrée en formation.

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