Stations françaises de ski: Aimantés aux télésièges, les enfants sont en sécurité
Actualisé

Stations françaises de skiAimantés aux télésièges, les enfants sont en sécurité

Un système permettant d'éviter les chutes sur les télésièges a fait son apparition dans des stations françaises. En Suisse, les patrons de remontées mécaniques se montrent intéressés.

par
Didier Bender

«Quand l'enfant s'assoit et touche le siège, ça fait "clac". On sait que l'enfant est assuré». Responsable de la société Sommital, qui commercialise le système Magnestick, Damien Laymond résume en une phrase le confort apporté par ce système d'aimants. Testé lors de l'hiver 2007-2008, ce produit est commercialisé depuis le début de l'hiver. En France, six télésièges des stations de Méribel et Courchevel en sont équipés.

«Les chutes se produisent juste avant la phase d'embarquement ou juste avant la descente du télésiège parce que les adultes ont tendance à relever le garde-corps trop tôt», observe Damien Laymond. «Avec notre système, qui est indépendant de la barre que l'on descend, l'enfant est attaché au siège, ça évite qu'il glisse», explique Damien Laymond. Concrètement, lorsqu'il prend place sur l'installation, l'enfant équipé d'un gilet orange est aimanté à une plaque fixée au siège. A l'arrivée, un système annule le champ magnétique et libère le skieur. Autre avantage de ce produit: il fait office de protection dorsale à la descente.

«C'est une prévention qui améliore le confort des personnes qui montent avec des enfants», se félicite Julie Pomagalski, de l'Office de Tourisme de Méribel. Pour l'heure, seuls les enfants de l'Ecole du ski français sont équipés de ces protections. Dès l'hiver prochain, il sera possible de louer voir d'acheter ce produit.

Téléverbier n'a pas encore pris de décision

Dans les milieux des remontées mécaniques, l'intérêt suscité par cette nouveauté est réel. «Des stations de tout l'Arc alpin vont venir nous visiter, mais aussi du Japon et des Etats-Unis», raconte Damien Laymond. «Ce sont soit des stations axées «famille», soit des grandes stations.» A Téléverbier, on juge l'idée «excellente», selon son directeur Eric Balet. «On veut voir comment cela fonctionne. Mais c'est clair que pour les écoles de ski, ce système présente un intérêt.» Si pour l'heure, aucune décision n'a été prise, Téléverbier envisage la question d'équiper ses télésièges d'un tel système. «Le système a le mérite d'empoigner le problème et d'apporter une amélioration», souligne Gianluca Lepori, directeur de Téléovronnaz. «C'est adapté pour des enfants encadrés, c'est par contre plus difficile pour des enfants qui skient individuellement», estime le responsable.

Reste une question: le coût d'une telle installation. «Pour un télésiège neuf, cela représente un surcoût de 1 à 2%», note Damien Laymond. Sur un investissement de 9-10 millions de francs, il faut compter 180'000 francs pour deux places aimantées par siège.

Entre 5 à 10 accidents par hiver en Suisse

L'hiver dernier, deux accidents de télésiège avait défrayé la chronique durant l'hiver. Le 8 février, un skieur hollandais de 48 ans avait fait une chute de six mètres à Verbier. En mars, un jeune Britannique de 9 ans s'était grièvement blessé en chutant d'un télésiège à Zermatt.

Le nombre d'accidents reste stable en Suisse. Il se monte entre 5 à 10 par ans lors des cinq dernières années.

Parmi les recommandations des Remontées mécaniques suisses, l'usage des télésièges à des enfants de moins de 1,25 mètre non accompagnés est proscrit.

Ton opinion