Genève – «Airbnb de la place de parc» pour «fluidifier le trafic»
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Genève«Airbnb de la place de parc» pour «fluidifier le trafic»

Une app gratis propose aux propriétaires de cases de stationnement de les louer lorsqu’ils ne les utilisent pas. Le fondateur du dispositif y voit un plus pour l’environnement.

par
David Ramseyer
Lancée cette semaine en Suisse et en France, l’application devrait être à l’avenir disponible dans d’autres pays.

Lancée cette semaine en Suisse et en France, l’application devrait être à l’avenir disponible dans d’autres pays.

Getty Images/iStockphoto

«Chercher un parking prend vingt minutes par jour à Genève, une des villes les plus congestionnées au monde, selon plusieurs études internationales. Tourner encore et encore pour trouver où se garer, cela dégage beaucoup de CO₂, ça fait perdre du temps et ça énerve.» Entrepreneur genevois de 53 ans, Christophe Rencien a sa solution: il a créé Spotiz, une application collaborative gratuite sur laquelle particuliers ou entreprises peuvent louer leurs places de stationnement «pour quelques heures, un jour ou une semaine, c’est égal».

Lancée cette semaine en Suisse et en France, l’app se veut «un Airbnb de la place de parc». L’entreprise espère 10’000 abonnés à Genève et 100’000 dans tout le pays d’ici à la fin de l’année.

Prix à bien plaire

Parmi les emplacements visés: les parkings d’entreprises ou d’immeubles. Là, problème: sous-louer son parking exige une autorisation (cf. encadré). «Nous sommes déjà en discussion avec plusieurs régies, les retours sont positifs», assure Christophe Rencien. Pour accéder à des parkings souterrains privés, il imagine des solutions telles que la reconnaissance vidéo des plaques d’immatriculation, ou une boîte à clés, avec un code partagé entre détenteurs et sous-locataires du stationnement.

Le fondateur de Spotiz indique que les revenus du dispositif passeront par un pourcentage perçu sur le prix de location. Ce dernier est décidé par le loueur. «À lui de fixer un montant convenable, en fonction de la durée ou encore de la situation géographique du stationnement. Ensuite, le marché décidera. Si c’est trop cher, personne ne répondra à l’offre.»

Autos électriques privilégiées

Christophe Rencien insiste: s’il entend gagner de l’argent, sa création est aussi «une profession de foi en faveur de l’environnement». Le quinquagénaire se dit favorable à la mobilité douce. Plutôt que de créer des places de parc, «utilisons celles existantes mais inoccupées. Par ailleurs, nous ciblons les cases munies de bornes de recharge électrique, que le loueur peut signaler dans les critères de son offre. Notre app recense aussi en temps réel les sites de recharge disponibles. Nous voulons ainsi contribuer à une mobilité plus fluide et donc moins polluante.»

Un plus pour les proprios d’immeubles

La sous-location d’une place privée dans un parking d’immeuble nécessite l’accord du propriétaire du bâtiment. Pourquoi le donnerait-il? Parce qu’il peut en tirer un bénéfice financier, spécule Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière. En ville, notamment, ces stationnements ne sont de loin pas tous loués. «Ils restent vacants et ne rapportent rien. Mais la promesse de revenus réguliers via Spotiz pourrait inciter des habitants à tout de même louer une case, car elle leur reviendrait bon marché. Pour le propriétaire d’immeuble, que l’argent vienne du résident ou d’un utilisateur de l’app ne change rien: il pourra enfin rentabiliser un emplacement qui ne ramenait pas un sou jusqu’ici.» Christophe Aumeunier voit cependant un bémol à l’offre de Spotiz: «Elle peut engendrer une perte de maîtrise des stationnements pour les régies et leurs mandataires, en raison d’une multiplication des locataires de parkings.»

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