Prévoyance vieillesse: Alain Berset défend sa réforme
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Prévoyance vieillesseAlain Berset défend sa réforme

Le conseiller fédéral a tenté de convaincre le congrès de Syndicom du bien-fondé de sa réforme de la prévoyance sociale, vendredi à Lausanne.

Maintien du niveau des rentes, retraite à 65 ans, amélioration de la situation des femmes dans le 2e pilier: Alain Berset a tenté vendredi de convaincre le congrès de Syndicom du bien-fondé de sa réforme de la prévoyance sociale. Les délégués ont adressé en retour un carton rouge au conseiller fédéral.

La condition préalable posée par le gouvernement à une réforme de la prévoyance vieillesse est le maintien du niveau des rentes, a souligné le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI) devant les 400 délégués réunis à Lausanne. «Le message du Conseil fédéral n'a jamais été si clair à ce sujet», a-t-il insisté.

Le projet de réforme actuellement en consultation est «global, équilibré et transparent», a poursuivi Alain Berset. Les mesures concernent aussi bien l'AVS - «la plus importante de nos assurances sociales» - que le 2e pilier. «C'est la première fois que tout est mis sur la table, afin de pouvoir juger à la fin sur l'ensemble, sur le montant global des rentes», a relevé le magistrat socialiste.

Compensations pour les femmes

Le Conseil fédéral souhaite fixer l'âge de la retraite à 65 ans pour tous. Aller plus loin «serait inopportun et irréaliste. Même les patrons n'en veulent pas», a estimé M. Berset. Le chef du DFI s'est dit conscient que «l'augmentation de 64 à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes n'est pas acceptable sans compensation».

Le projet prévoit des mesures pour les plus bas salaires et pour ceux qui ont commencé à cotiser très tôt. «En pratique, ces personnes pourront partir à la retraite à 64 ans sans diminution de rente», a assuré Alain Berset. L'abaissement du seuil de cotisation au 2e pilier améliorera également la situation de 150'000 personnes à bas salaires ou à temps partiel, qui sont à 80% des femmes.

Le conseiller fédéral a aussi défendu la baisse progressive à 6% du taux de conversion du 2e pilier. «En 2010, j'avais voté contre, comme 70% des votants, car cela aurait mené à une baisse des rentes», a-t-il rappelé. Le projet actuel prévoit des compensations, et notamment une meilleure répartition des bénéfices entre les assureurs-vie et les assurés.

Carton rouge de Syndicom

Les délégués de Syndicom ont manifesté leurs craintes quant au projet de réforme du ministre de l'intérieur en levant pendant le discours d'Alain Berset des «cartons rouges» barrés du slogan: «Stop au vol des rentes 2020». Le conseiller fédéral les a assurés de son souci «des personnes derrière les chiffres».

Syndicom tient vendredi et samedi le deuxième congrès de son existence, trois ans après la fusion qui a donné naissance au plus grand syndicat des médias et de la communication. Les représentants des branches, des groupes d«intérêt et des sections vont décider de la future orientation stratégique de l«organisation. Vendredi matin, ils ont élu à la présidence Alain Carrupt, jusqu'ici coprésident. (ats)

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