Actualisé 31.03.2020 à 15:03

Coronavirus

Alain Berset: «Nous avons plus testé que la Corée»

Le conseiller fédéral, en visite dans les hôpitaux universitaires de Genève, a répondu à une batterie de questions des médias.

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Le conseiller fédéral Alain Berset a visité les HUG ce mardi matin à Genève. Il a ensuite donné une conférence de presse lors de laquelle il s'est déclaré «très impressionné» par ce qu'il avait vu - «cela me rend très confiant» - et a vivement remercié le personnel soignant. Il a aussi saisi cette occasion pour répondre à diverses questions des médias, en compagnie du conseiller d'Etat Mauro Poggia et du directeur des HUG Bertrand Levrat.

La durée de la crise

Alain Berset a déclaré que «nous devons nous préparer à ce que cela dure un moment, il faut être très clair à ce sujet. Nous sommes en train de parler au minimum de semaines, peut-être de mois.»

Le dépistage du covid-19

«Nous faisons tout ce que nous pouvons» en matière de dépistage du covid-19, a indiqué Alain Berset. «Nous sommes le premier pays au monde en termes de nombre de tests par million d'habitants.» De ce point de vue, «nous avons plus testé que la Corée du sud». Mais la Suisse est confrontée «au problème de la disponibilité du test. C'est difficile car tout le monde fait la même chose (ndlr: tous les pays essaient de se procurer ces tests). Nous achetons tout ce que nous pouvons.»

Les masques et les respirateurs

Alain Berset a indiqué que «les mêmes biens sont demandés par tout le monde en même temps. Nous avons adopté la même pratique qu'avec les tests de dépistage: nous achetons tout ce que nous pouvons.» Si pour l'instant le pays n'est pas en manque, «évidemment, la situation n'est pas extrêmement confortable. Nous n'avons pas de réserve pour six mois».

L'usage de la chloroquine

Bertrand Levrat a indiqué que «les HUG participent à ce débat. A l'heure actuelle, sauf cas exceptionnels et complexes, nous n'utilisons pas la chloroquine en première intention.»

La prise en charge des patients français

Alain Berset a rappelé la fierté d'avoir pris en charge, dans les hôpitaux jurassiens et bâlois, des patients du Grand Est français. Betrand Levrat a indiqué que les HUG travaillaient «de manière très étroite avec l'hôpital d'Annecy. Nous n'avons pas envie de faire de choix entre des patients genevois ou originaires du pays de Gex, par exemple. Tout sera mis en oeuvre pour que les personnes résidant en France voisine puissent être prises en charge» à Genève si nécessaire.

Le confinement strict

Alain Berset a expliqué que lorsque la question du confinement strict lui est posée, il questionne à son tour: «définissez-moi ce qu'est le confinement strict? Et quand on me répond, cela ressemble terriblement à ce que l'on a déjà. Il ne faut pas oublier que nous avons besoin de gens qui travaillent. Sinon, par exemple, très vite les magasins seront vides. Nous avons fortement misé sur l'adhésion de la population. Je suis très fier de la manière dont les Suisses ont suivi les consignes.»

L'arrêt des chantiers

La semaine passée, le Conseil d'Etat avait décrété l'arrêt de tous les chantiers pour le vendredi 20 à midi. Lundi, Martin Dumermuth, directeur de l'office fédéral de la justice, a déclaré qu'il n'était pas possible pour un canton d'annoncer une fermeture générale de tous les chantiers. Ce mardi, Alain Berset a rappelé que «le Conseil fédéral a stoppé toute une série d'activités. Fondamentalement, les entreprises restent ouvertes, on a besoin de gens qui travaillent. Le Conseil fédéral est très clair: les normes de sécurité et d'hygiène doivent pouvoir être respectées au travail. Quand ce n'est pas possible, les entreprises doivent être fermées.» Et d'indiquer qu'en effet, sur les gros chantiers, respecter les normes de sécurité paraissait très compliqué.

Le chômage pour les ouvriers

A la question de savoir si les ouvriers genevois risquaient de se voir refuser le chômage partiel si l'arrêt de leur activité était jugé contraire au droit fédéral, Alain Berset a répondu que «les RHT (réduction de l'horaire de travail) ne sont pas destinées seulement aux entreprises fermées, mais aussi à celles qui, dans la chaîne, ne peuvent pas travailler», comme celles du second oeuvre.

Les petits indépendants

Le conseiller d'Etat Mauro Poggia a soulevé la question des petits indépendants auxquels Berne refuse pour l'heure le dispositif de perte de gains, «par exemple les chauffeurs de taxis». Il a plaidé pour plus de souplesse. «C'est arrivé sur notre radar très vite, a répondu Alain Berset, et nous allons étudier ces questions avec toute la flexibilité requise» rappelant que des décisions prenant d'ordinaire des années ont été prises en quelques jours. Ces cas particuliers sont à l'étude, a-t-il indiqué.

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