Présidentielle française: Alain Juppé serait «prêt» si Fillon renonce
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Présidentielle françaiseAlain Juppé serait «prêt» si Fillon renonce

Le maire de Bordeaux aurait indiqué à ses proches qu'il serait prêt à remplacer le candidat conservateur à l'Elysée si celui-ci se désiste.

par
Christine Talos
Alain Juppé souhaite une« lame de fond» en sa faveur pour remplacer François Fillon.

Alain Juppé souhaite une« lame de fond» en sa faveur pour remplacer François Fillon.

Keystone

Alors que François Fillon, candidat conservateur à la présidentielle, est de plus en plus isolé dans sa course à l'Elysée, plusieurs élus Les Républicains et UDI en appellent désormais ouvertement à Alain Juppé, finaliste malheureux de la primaire. Et celui-ci serait prêt à remplacer Fillon si celui-ci se désiste. «Je ne me défilerai pas. Cette situation ressemble à un suicide collectif», a-t-il déclaré, selon Le Parisien ce vendredi.

Selon le quotidien qui cite un de ses proches, le maire de Bordeaux aurait eu un «haut-le-coeur», en entendant François Fillon mettre en cause la justice et annoncer qu'il restait candidat malgré sa mise en examen. Il aurait donc dit à ses fidèles qu'il était «prêt». Il aurait même donné son feu vert à ses fidèles «pour lancer les hostilités», affirme le quotidien.

Mais pour officialiser sa candidature, Alain Juppé souhaite une« lame de fond». «L'appel ne peut pas venir que des gens qui étaient déjà pour moi, il faut que ce soit plus large », aurait-il dit à ses proches, selon Le Parisien.

Copé à l'aide

Le maire de Bordeaux aurait aussi appelé Jean-François Copé, le maire de Meaux. Et ce dernier oeuvrerait en toute discrétion pour que Juppé obtienne ses 500 parrainages, qui doivent être déposés au plus tard le 17 mars. Selon le journal, le Conseil constitutionnel en recevrait déjà au nom du finaliste malheureux de la primaire de droite.

Fillon dénonce un assassinat politique

François Fillon a dénoncé mercredi un "assassinat politique" après avoir annoncé sa prochaine mise en examen.

Par ailleurs, le député Georges Fenech, a lancé jeudi sur franceinfo, un appel à «tous les élus responsables» de France pour qu'ils adressent au Conseil constitutionnel leurs parrainages pour Alain Juppé. «Il me semble être le seul par son expérience à pouvoir reprendre le flambeau», a estimé le député les Républicains du Rhône qui souhaite que la droite se prémunisse de la «chute imminente» de Fillon.

Quant à savoir quand François Fillon va officialiser sa candidature, un proche avance que ce sera avant dimanche. Un autre estime que c'est «compliqué»: Juppé ne fera rien si Fillon ne renonce pas lui-même, selon lui.

Jeudi, l'hypothèse d'une candidature de substitution d'Alain Juppé avait déjà été retenue, avant que Nicolas Sarkozy ne s'y oppose, selon plusieurs sources au fait des discussions. «Alain Juppé est techniquement prêt à y aller», avait-on précisé dans son entourage. «Si l'appel à sa candidature est unanime, il le considérera», avait-on précisé. «La vérité, c'est que la 'Sarkozie' est contre lui», avait expliqué un proche. «Alain Juppé le sait, Nicolas Sarkozy fera tout pour l'empêcher».

Des soutiens de Juppé lâchent Fillon

Par ailleurs, des soutiens de poids d'Alain Juppé, Gilles Boyer, Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu ont annoncé jeudi qu'ils retiraient leur soutien à François Fillon. Ils quittent la campagne du candidat de la droite à la présidentielle.

La décision prise mercredi par l'ex-Premier ministre de se maintenir en dépit d'une possible mise en examen dans l'affaire des emplois potentiellement fictifs de membres de sa famille a entraîné une série de défections, dont celle de Bruno Le Maire. Ce dernier s'occupait jusque-là des questions internationales.

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