Voile - Alan Roura: «Le but, c’est de mettre sur pied un projet 100% suisse»
Publié

VoileAlan Roura: «Le but, c’est de mettre sur pied un projet 100% suisse»

«La Fabrique» a annoncé ce mardi que sa collaboration avec le skipper genevois s’achevait. Roura cherche désormais de nouveaux parraineurs et un nouveau bateau.

par
Renaud Tschoumy
Alan Roura, photographié dans son Imoca «La Fabrique», avant le départ du dernier Vendée Globe.

Alan Roura, photographié dans son Imoca «La Fabrique», avant le départ du dernier Vendée Globe.

AFP

Alan Roura, on s’y attendait, mais c’est désormais officiel: «La Fabrique» ne sera plus votre sponsor principal. Votre réaction?

C’est une sacrée page qui se tourne. Pour tout vous dire, cela fait bizarre. Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui auraient pu me soutenir ainsi depuis 2016, encore moins en Suisse, et encore moins de la taille de «La Fabrique». Notre collaboration s’arrête, mais nous restons en très bons termes. Il n’y a aucun malentendu entre nous. Nous avons vécu une expérience formidable, au niveau humain notamment. Rien n’effacera ces quelque cinq-six ans passés ensemble.

Qu’est-ce qui a conduit à ce renoncement?

Les choses ont toujours été claires entre nous. Il était impossible pour «La Fabrique» de se lancer dans un projet plus performant, donc plus onéreux. Comme cela a été écrit dans le communiqué, cela devenait trop gros pour elle. On a donc décidé qu’il était préférable de laisser la place à quelqu’un qui peut pleinement s’investir et en tirer des retombées. On aurait pu continuer des années à travailler à cette échelle, mais ce n’était pas le but, ni pour «La Fabrique», ni pour moi. Si notre collaboration s’arrête, c’est aussi parce que je vise plus haut.

«Ensemble, «La Fabrique» et moi avons écrit une page d’histoire du sport suisse»

Alan Roura, skipper

À quoi vous attelez-vous désormais?

À trouver de nouveaux sponsors et un nouveau bateau, puisque «La Fabrique» appartient à «La Fabrique»! Le but, c’est de réussir à vendre ce bateau. Et c’est une recherche que j’accomplis avec un grand plaisir. Mais c’est dur. Le sportif et le chef d’entreprise que je suis devenu y croient, mais la situation sanitaire actuelle n’aide pas. Mes gars sont au chômage, et on attend de savoir comment et quand nous recevrons les subsides de l’État. Il y a beaucoup de travail à effectuer avec les experts-comptables, les gestionnaires, etc.

Quel type de bateau recherchez-vous?

Le projet initial était de construire un bateau à partir de plans et de moules existants, afin de limiter notre empreinte carbone. Mais le timing pour une mise à l’eau à l’été 2022 devient serré, je me renseigne donc aussi sur les bateaux de génération 2020. J’aimerais pouvoir naviguer sur mon nouveau bateau lors de la Route du Rhum 2022. Et mon but, c’est de vraiment pouvoir me battre pour la gagne lors du prochain Vendée Globe (2024-2025).

Où cherchez-vous vos potentiels futurs partenaires?

Le but, c’est de mettre sur pied un projet 100% suisse, un peu à l’image d’Alinghi, mais dans noter état d’esprit et autour de la course au large. On y croit!

Qu’est-ce qui vous restera de votre collaboration avec «La Fabrique»?

L’image qui me restera à vie, c’est que l’on a grandi ensemble. Or, les gens ne se rendent pas forcément compte de ce que cela représente en termes d’investissement, de la charge énorme que cela nécessite, à quelque niveau que ce soit. Ensemble, «La Fabrique» et moi avons prouvé qu’on pouvait arriver au bout. Et surtout, on a écrit une page d’histoire du sport suisse.

Ton opinion

9 commentaires