Vaud: Policier accusé d'être un danger ambulant
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VaudAlcool au volant et excès de vitesse: le policier nie en bloc

Un agent a comparu jeudi devant la justice après avoir été arrêté par ses collègues l’an dernier. 

par
Lauren von Beust
L’éthylotest affichait 0,38mg/l d’alcool dans le sang. 

L’éthylotest affichait 0,38mg/l d’alcool dans le sang. 

Nicole Pont

«Le prévenu ne semble nullement avoir pris conscience de la gravité des faits qui lui sont reprochés et des responsabilités qui découlent de sa fonction de policier», relate l’ordonnance pénale rendue en février dernier contre un trentenaire, reconnu coupable d’excès de vitesse, non-respect des signaux lumineux et conduite en état d’ébriété, alors qu’il se rendait à son travail. Condamné à 1200 francs d’amende et 900 francs de frais de justice, ce policier municipal a contesté cette sanction, ce qui lui a valu de comparaître jeudi au Tribunal de la Côte à Nyon (VD).

Version «subjective et floue»

Un dimanche de l’été dernier, peu avant 5 h du matin, l’agent qui, en retard pour prendre son service, a grillé un feu rouge au volant de sa voiture et coupé la priorité au véhicule de son collègue brigadier, rapporte l’acte d’accusation. L’accusé, dénoncé à sa hiérarchie, a roulé à «vive allure», dépassant les 50 km/h autorisés selon son collègue. Et l’éthylotest auquel il a été soumis a fait état d’une valeur de 0,38 mg/l d’alcool dans le sang.

«C’était une procédure interne. Et pour que le taux d’alcool validé, il faut tenir compte de deux mesures et qu’il y ait un protocole de reconnaissance du taux», s’est défendu le prévenu qui n’a rien signé ce jour-là. Il affirme aussi que le feu en question était vert et note qu’aucune mesure de vitesse n’a été relevée par un radar. Son avocat, qui a plaidé l’acquittement, a insisté sur l’«interprétation personnelle, subjective et floue» des faits, relatés par le brigadier.

Des antécédents au compteur

Quant aux antécédents du trentenaire, «personne n’est irréprochable», a répondu son défenseur. Si rien n’est inscrit dans son casier, l’homme, entré dans la police en 2012, a déjà reçu six sanctions administratives en quinze ans, dont cinq retraits de permis. En cause: des excès de vitesse, une conduite en état d’ébriété et un accident pour inattention.

De manière générale, si des faits sont reconnus ou prouvés sur le plan pénal, un policier est écarté des interventions sur le terrain. Le trentenaire, qui n’a jamais été suspendu auparavant, officie actuellement au service administratif. «La procédure disciplinaire interne a été suspendue jusqu’à droit connu sur le volet pénal», précise sa hiérarchie. Le verdict tombera lundi. 

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