Addictions chez les jeunes – Alcool, tabac et cannabis: c’est l’anarchie sur les réseaux sociaux
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Addictions chez les jeunesAlcool, tabac et cannabis: c’est l’anarchie sur les réseaux sociaux

Addiction Suisse publie son rapport annuel avec une attention particulière portée aux effets d’internet, qui annihile parfois les efforts réalisés dans le monde physique.

par
Yannick Weber
Les jeunes sont ciblés par le marketing via les réseaux et peuvent aussi s’y procurer les substances.

Les jeunes sont ciblés par le marketing via les réseaux et peuvent aussi s’y procurer les substances.

20min/Marco Zangger

«Bienvenue au Far West»: tel est le titre du «Panorama suisse des addictions 2022» publié mercredi par Addiction Suisse, qui se focalise cette année sur les conséquences du monde numérique, surtout auprès des jeunes. «Les canaux numériques offrent une multitude de nouvelles possibilités pour vendre des produits potentiellement addictifs et pour placer des publicités de manière ciblée», relève l’organisation.

Pour contourner les interdits

Tous les efforts de prévention réalisés dans le «vrai» monde sont contrebalancés par l’anarchie qui règne en ligne, «où tout semble possible et où le bras de l’État n’est souvent pas assez long». Interdire aux mineurs d’acheter de l’alcool dans les magasins? Ils pourront s’en procurer en ligne, tout comme des drogues et des psychotropes. Interdire la publicité pour le tabac qui s’adresse aux mineurs? Des influenceurs à l’étranger, rémunérés par les entreprises, se chargeront sans autre d’en faire la pub sur Snapchat et Tiktok.

Le rôle des réseaux sociaux est particulièrement pointé du doigt. Une étude de l’Université de Zurich auprès des 15-19 ans, publiée fin 2021, remarquait que «c’est là que ces derniers lisent, postent ou partagent le plus souvent des contenus liés à la consommation de substances. Les cigarettes et l’alcool sont présents surtout sur Instagram, le cannabis sur Instagram et Snapchat et les cigarettes électroniques sur tous les canaux, dont TikTok».

«Pas cool», mais une fois de temps en temps, ça passe

En revanche l’étude remarque que les ados ne tombent pas totalement dans le panneau de la banalisation: alcool, cigarette et cannabis ont tous mauvaise réputation auprès d’eux. Par contre, la consommation «rare» de cigarettes et de cannabis est jugée acceptable par les jeunes, de même que la consommation fréquente d’alcool.

«Dans l’espace virtuel, les incitations à consommer se succèdent parfois à un rythme effréné. Qu’il s’agisse de messages personnels avec des contenus en lien avec des boissons ou de simples photos de fêtes, la banalisation de l’alcool est omniprésente», constate Addiction Suisse, qui appelle au lancement d’un grand chantier: «Aujourd’hui, un débat sur des réglementations et des restrictions intelligentes doit enfin avoir lieu.»

Pandémie et incertitudes

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