Actualisé 16.12.2015 à 00:17

GenèveAlertes aux colis suspects: les experts calment le jeu

Interventions des démineurs et appels pour des sacs abandonnés ont augmenté depuis les attentats de Paris. Les citoyens sont plus vigilants, explique la police.

de
David Ramseyer

«Les gens se sentent concernés suite aux attaques en France. Ils sont attentifs, ils signalent plus facilement et plus vite ce qui leur paraît suspect.» Le phénomène explique en grande partie la hausse des alertes à la bombe enregistrée ces derniers jours par la police genevoise, selon son porte-parole Silvain Guillaume-Gentil. Si le nombre d'appels a augmenté, constatent les forces de l'ordre sans donner de chiffres précis, les démineurs n'agissent pas systématiquement. «Les cas sont souvent vite résolus. Dans la situation actuelle, le propriétaire d'une valise s'annonce très rapidement!»

Un peu plus d'interventions par rapport à 2014

Les opérations du détachement NEDEX (Neutralisation Enlèvement Détection Engins EXplosifs) sur le terrain sont aussi en augmentation mais pas de façon spectaculaire. Entre le 1er et le 13 novembre, date des attentats de Paris, celui-ci est intervenu huit fois. Puis treize fois le reste du mois. Sur l'année, les démineurs comptabilise quatre-vingt-quatre interventions, soit six de plus que l'an dernier. La moitié concerne l'aéroport de Genève. Ces hausses seraient là aussi la conséquence d'une vigilance accrue des citoyens plutôt que de menaces réelles.

La police vaudoise a de son côté enregistré une dizaine d'interventions sur son territoire cette année, un chiffre stable par rapport aux exercices précédents.

Atmosphère anxiogène

Le climat actuel d'anxiété pousse aussi à l'interprétation de la part du public. Certains jugent que la présence d'un robot de déminage lors d'une opération est la preuve que la situation est grave. En réalité, l'engin est pratiquement toujours utilisé lors d'une intervention. «On se doit de lever le doute mais nos techniques n'ont pas changé après les attentats. On est préparé à l'urgence», souligne Jean-Marie Stutzmann. Le patron du NEDEX assure que depuis le 13 novembre, le détachement «n'a pas eu à traiter un objet mettant en péril les citoyens».

Le processus d'alerte

Un passant, le gérant d'un magasin, un agent de sécurité, une caméra de vidéo-surveillance: les origines d'une alarme sont multiples. «On contacte d'abord le responsable de la cible présumée, indique le NEDEX, et on vérifie si un évènement particulier expliquerait l'alerte, comme par exemple une réception ou la visite d'un VIP.» Interrogatoires, analyses et préparation des démineurs ont lieu simultanément. Sécurité oblige, Jean-Marie Stutzmann ne veut pas s'étendre sur les dispositifs mis en place par la police, mais «ils sont adaptés aux évènements», promet-il

Un couteau suisse du déminage

Télécommandé à distance, le robot inspecte d'abord le colis louche via sa caméra embarquée. Son bras articulé sert ensuite à couper, scier ou dévisser l'objet suspect. Enfin son canon, le «disrupteur», envoie sous très haute pression un jet d'eau capable de démanteler le mécanisme d'allumage ou la minuterie d'une bombe. Un démineur équipé d'une tenue de protection n'intervient que si il n'y a pas d'autre solution. Si la neutralisation sur place n'est pas possible, le sac suspect est alors placé dans un fût blindé que la police fera ensuite sauter dans un lieu isolé.

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