Interview: Alexandre Astier: «Je veux tourner bientôt en Suisse»
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InterviewAlexandre Astier: «Je veux tourner bientôt en Suisse»

L'acteur de «Kaamelott», dont les inédits seront diffusés en avril sur M6, se rèvèle touchant dans le film «Lol», sorti jeudi sur les écrans romands.

par
Pascal Pellegrino

Alexandre Astier était interviewé jeudi par «20 minutes» dans l'émission «Les patriotes», sur Rouge FM. Un entretien qui a eu lieu juste avant qu'il ne prenne le TGV de Lyon – où ce père de quatre enfants réside – pour Paris.

– «20 minutes».  Alexandre, où vous trouvez-vous en ce moment? Sur le quai de gare?

– Alexandre Astier.  Non, déjà dans le train. Pour avoir un son à peu près tolérable, je suis coincé entre une porte de wagon, l'extincteur et la poubelle. Les gens doivent penser que je suis là pour piquer leurs bagages...

– Quel est le motif de votre voyage?

– Je vais discuter de mon premier film de cinéma en tant que réalisateur avec un grand acteur qui a accepté de jouer dedans.

– Qui est-ce?

– J'ai reçu un oui de principe de sa part, mais je ne tiens pas encore à révéler son nom. Mais vous ne devriez pas tarder à le savoir!

– Depuis jeudi sur les écrans romands, on vous découvre dans un rôle très différent de l'Arthur de «Kaamelott». Vous êtes touchant en père divorcé, dans «Lol», réalisé par Lisa Azuelos...

– J'aime bien tourner avec Lisa. Si ce rôle vous a touché, c'est qu'elle sait écrire des partitions sensibles. Elle parvient à bien comprendre et retracer les choses de la vie d'un couple, la relation amoureuse au quotidien, les séparations. J'aime d'autant plus interpréter un rôle comme celui qu'elle m'a donné que je ne l'aurais jamais écrit comme ça pour moi-même. C'est extrêmement motivant.

– Vous avez notamment une scène dans un lit avec Sophie Marceau, qui joue votre ex-femme. Qu'est-ce que cela fait d'être «in bed with Sophie Marceau»?

– En le disant comme ça, on peut imaginer qu'on était dans le même lit pour quelque chose de coquin. Mais ce n'est pas le cas, car il s'agit d'une scène d'engueulade! Et c'est mon personnage qui en prend pour son grade. Ce genre de scène est vraiment géniale à jouer. D'autant plus quand votre partenaire s'appelle Sophie Marceau.

– «Lol» est un film sur les méandres amoureux de l'adolescence. Vous qui êtes père de quatre enfants, dont l'aînée a 9 ans, comment réagissez-vous face à ce qui sera un passage obligé pour eux dans quelques années?

– Cela me fait flipper! Quand j'ai vu «Lol», j'ai regardé ce film comme un encouragement aux parents à s'attendre non pas au pire, mais à devoir être tolérants, et à recevoir des balles qui peuvent siffler de tous les côtés. Je ne crois pas qu'on peut se préparer à être père. On ne peut que recevoir les balles: de toute façon, elles n'arriveront jamais où vous les attendiez. Le meilleur moyen de réagir, c'est d'éviter d'imposer une autorité imbécile et de tenter d'être souple et d'être prêt à recevoir l'inconnu.

– Au moment où le Livre V de «Kaamelott» est sorti en DVD, on attend le retour de la suite, le Livre VI, qui sera diffusé par M6 en avril, à raison de trois épisodes (de quarante minutes chacun) par soirée. Dans cette saison, on fera un retour dans la jeunesse d'Arthur.

– Oui, c'est la saison qui raconte comment ce policier municipal romain qu'est Arthur va être projeté roi de Bretagne. Ce qui m'intéresse, c'est la trajectoire d'un homme qui est élevé dans la ville phare de l'époque qu'est Rome et qui, soudain, débarque chez les bouseux.

– Vous avez déclaré que plus vous avanciez avec ce personnage, plus il devenait sombre. Est-ce à dire qu'on rira moins dans le Livre VI?

– Non, je pense que le plus sombre de tous les livres était le cinquième. Comme les personnages du Livre VI sont plus jeunes, cette saison sera aussi plus lumineuse, plus claire, plus insouciante, plus colorée et plus dynamique. Et puis, pour moi, la comédie n'est pas un genre, c'est un vernis. L'histoire que l'on raconte peut aller partout et pas forcément dans le gag pour le gag. Je ne crois pas à cette légende qui veut par exemple qu'on ne tue pas un personnage de comédie. La comédie, c'est la vie, et la vie n'est pas obligatoirement drôle.

– Etes-vous superstitieux avant la diffusion de cette saison inédite sur M6?

– Je suis systématiquement pessimiste à propos de tout. Le point positif, c'est quand je me trompe. J'ai l'impression que la vie me fait un cadeau!

– Vous, le Lyonnais, venez-vous souvent en Suisse?

– J'y suis allé parfois en vacances, et je veux y retourner prochainement, car mon film se passe à moitié en Suisse et à moitié en France. Il y a par exemple une scène dans un grand magasin à Genève. Dans l'idéal, j'aimerais donc pouvoir tourner chez vous.

– Vous qui avez l'habitude de tourner avec les membres de votre famille, ces derniers seront-ils aussi au générique de votre premier film?

– Non. C'est une des raisons pour lesquelles je ne voulais pas faire de «Kaamelott» mon premier film au cinéma. Je ne veux pas arriver au cinéma avec les béquilles que m'aurait données cette série. Je veux démarrer de zéro, avec un scénario original. Donc ce sera un film qui est intime, pas cher. Ce sera un drame volontairement dénué de têtes avec lesquelles on m'a vu jouer dans «Kaamelott».

«Kaamelott» revient sur M6

Alors que le «Livre V» de «Kaamelott» vient de sortir en DVD, le très attendu «Livre VI», qui narre la jeunesse d’Arthur, débarque en avril sur M6. La chaîne diffusera les épisodes (d’une durée de quarante minutes chacun) à raison de trois par soirée.

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