France: Alexia D. a-t-elle été empoisonnée à petit feu?
Actualisé

FranceAlexia D. a-t-elle été empoisonnée à petit feu?

La famille de la jeune femme tuée en 2017 pense que Jonathann D. n'a pas tout dit. Elle demande que la piste d'un empoisonnement volontaire soit creusée.

par
joc

L'enquête sur la mort d'Alexia D., tuée en octobre 2017 par son mari, est officiellement bouclée depuis mi-novembre. Or, le Code pénal donne un délai aux différentes parties pour faire des demandes d'actes. La famille de la victime a saisi la balle au bond: vendredi 6 décembre, elle a demandé à la juge en charge du dossier que soit approfondie l'hypothèse d'un empoisonnement volontaire par Jonathann D. La magistrate devra décider si, oui ou non, elle autorise que l'on creuse cette piste, rapporte «Le Parisien».

Après un nombre incalculable de changements de versions, le principal suspect a finalement reconnu avoir frappé, étranglé, puis brûlé son épouse. Pourtant, les proches de la jeune femme continuent de penser que le trentenaire n'a pas tout dit. Au centre de leurs doutes, des traces de médicaments retrouvées dans le corps d'Alexia. Les analyses ont en effet démontré que pendant près d'un an avant son décès, la victime avait ingéré régulièrement trois molécules contre-indiquées en cas de grossesse et qu'il est dangereux de mélanger.

Des «absences», un «goût métallique» dans la bouche

Pour la famille, d'Alexia, il est improbable que la jeune femme ait sciemment consommé ces médicaments, elle qui désirait tant tomber enceinte. La victime s'interdisait même de prendre du paracétamol. Pas une seule fois, la jeune femme n'a parlé de ces substances à qui que ce soit, pas même aux spécialistes qu'elle consultait pour des «absences» dont elle souffrait depuis fin 2016. Alexia évoquait des «black-out» précédés d'un «goût métallique» dans la bouche.

Le jour de sa mort, la jeune femme avait d'ailleurs envoyé des messages inquiets à Jonathann, lui disant qu'elle se sentait mal. Par la suite, elle avait effectué des recherches sur internet concernant des possibles effets secondaires des baies de Goji. Les analyses toxicologiques révéleront après son décès qu'à ce moment-là, elle était probablement sous l'effet du tétrazépam, un somnifère. «Tous ces éléments excluent objectivement la possibilité d'une automédication volontaire de la part d'Alexia», estime Me Gilles-Jean Portejoie, avocat de la soeur et du beau-frère de la victime.

Il parle d'emblée de somnifères

L'étrange comportement de Jonathann D. le jour de la «disparition» de son épouse apporte de l'eau au moulin de la famille de la victime. D'emblée, le trentenaire avait en effet expliqué que sa femme consommait beaucoup de somnifères. «Sans raison, il s'est précipité pour nous montrer un tiroir rempli de médicaments», se souvient la mère d'Alexia. Le soir même, il avait raconté aux enquêteurs que son épouse l'avait déjà accusé de l'avoir droguée. «Ils veulent aller au bout de la vérité, une vérité établie sur des faits objectifs et non les seuls dires de Jonathann D., qui a menti plus d'une fois dans cette instruction»,conclut Me Portejoie.

Ton opinion