France: Ali Vakili Rad va être libéré et renvoyé en Iran

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FranceAli Vakili Rad va être libéré et renvoyé en Iran

L'assassin de l'ancien Premier ministre du Shah d'Iran sera bel et bien libéré et renvoyé en Iran. Ainsi en a décidé la France.

Ali Vakili Rad, l'assassin de l'ancien Premier ministre du Shah d'Iran, Chapour Bakhtiar, a été condamné en 1994.

Ali Vakili Rad, l'assassin de l'ancien Premier ministre du Shah d'Iran, Chapour Bakhtiar, a été condamné en 1994.

Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Paris a autorisé mardi la libération conditionnelle d'Ali Vakili Rad, l'assassin de l'ancien Premier ministre du Shah d'Iran, Chapour Bakhtiar, condamné en 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Sorin Margulis. Il devrait sortir de prison et être expulsé vers l'Iran.

«C'est une décision obtenue en dehors de toute tractation politique. Il a passé 19 ans en prison», a rappelé son avocat lors d'un point presse improvisé, expliquant que la libération de son client n'avait rien à voir avec celle de Clotilde Reiss, la jeune Française retenue dix mois en Iran et libérée samedi dernier. «Cela ne doit pas être interprété comme une mesure d'échange», a-t-il dit. «L'Etat iranien ne s'est pas soucié de lui jusqu'à aujourd'hui», a-t-il assuré.

«L'affaire Reiss n'a fait que retarder sa libération conditionnelle», a martelé l'avocat qui a précisé que son client devrait être libéré dans les prochaines heures. Il existe deux liaisons aériennes directes entre Paris et Téhéran au départ de Roissy, le mardi et le vendredi. A son retour, Ali Vakili Rad devrait travailler dans une agence de voyage, a précisé Me Margulis.

La peine de sûreté de 18 ans d'Ali Vakili Rad assortie à sa condamnation à perpétuité avait pris fin le 2 juillet 2009, à la suite d'un arrêt de la cour d'appel de Paris lui accordant une réduction de 56 jours de la période de sûreté, initialement prévue jusqu'au 27 août, a rappelé lundi le procureur de la République de Paris dans un communiqué.

Ali Vakili Rad avait présenté le 14 août 2009 une demande de libération conditionnelle, «appuyée d'un projet de retour vers son pays d'origine, l'Iran», a précisé le procureur.

«Le 22 janvier 2010, la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS) de Paris (...) a rendu un avis favorable à cette demande», selon la même source, qui souligne toutefois qu'»un tel projet ne pouvait prospérer en l'absence d'une mesure d'éloignement».

Le ministère de l'Intérieur a pris lundi cet arrêté d'expulsion qui a permis au TAP d'entériner une décision déjà prise depuis l'audience du 10 février.

Des trois assassins de Chapour Bakhtiar, en exil en France, seul Ali Vakili Rad a été arrêté en Suisse avant d'être expulsé vers la France qui l'a condamné en décembre 1994. Selon Me Margulis, Vakili Rad a exprimé des regrets devant le TAP, assurant que s'il avait pu empêcher ce crime, il l'aurait fait. L'ancien Premier ministre, septuagénaire, avait été assassiné de multiples coups de couteau à son domicile de Suresnes (Hauts-de-Seine) en 1991. (ap)

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