Consommation – Aliments achetés en ligne: les magasins ne disent pas tout
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Consommation Aliments achetés en ligne: les magasins ne disent pas tout

Face à des infos souvent lacunaires, voire inexistantes sur les sites internet, les autorités suisses resserrent la vis.

par
Leïla Hussein
De fréquentes lacunes ont été constatées dans l'indication des ingrédients allergènes et dans la liste des ingrédients.

De fréquentes lacunes ont été constatées dans l'indication des ingrédients allergènes et dans la liste des ingrédients.

Etat de Genève

Savez-vous ce que vous achetez lorsque vous faites vos courses en ligne? Non, répondent les chimistes cantonaux qui se sont penchés sur la question. L’an dernier, une campagne nationale d’inspection a été lancée sur la vente de denrées alimentaires sur Internet. Quelque 323 sites web de boutiques basées en Suisse (pharmacies, boulangeries, vendeurs par correspondance et détaillants) ont été contrôlés dans tout le pays, entre janvier et mai.

Allergènes et ingrédients passés sous silence

Objectif: s’assurer que les consommatrices et les consommateurs avaient à disposition tous les renseignements nécessaires avant de passer commande. «Nous avons également vérifié qu’il n’y avait pas tromperie sur la marchandise, c’est-à-dire que le produit reçu était bien conforme à ce qui avait été annoncé», précise le chimiste cantonal genevois, Patrick Edder.

Dans 78 % des cas, les informations étaient incomplètes, voire inexistantes. De fréquentes lacunes ont également été constatées dans l'indication des substances allergènes et dans la liste des ingrédients, a rapporté mercredi l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). «On est face à des problèmes liés à la tromperie, voire à la santé lorsque cela touche aux allergènes», relève le responsable au bout du lac.

Barbara Pfenniger, responsable alimentation à la Fédération romande des consommateurs (FRC), abonde. «L’alimentation n’est pas un bien de consommation comme les autres. Il est essentiel que les gens puissent faire leurs achats en toute connaissance de cause. Les gens qui ont des allergies ont le droit d’acheter en ligne sans danger.»

Renforcement des contrôles

Les chimistes cantonaux ont pris des mesures afin de corriger ces manquements. Les entreprises qui ne répondaient pas aux exigences ont été mises en demeure pour se mettre en conformité. «Dans 18 cas, plus problématiques, des amendes ont été délivrées», détaille Patrick Edder, qui indique que le droit alimentaire prévoit une peine pécuniaire pouvant aller jusqu’à 20’000 francs.

Un renforcement des contrôles est également prévu dans toute la Suisse. «Lorsque les inspecteurs vérifieront les magasins physiques, leurs sites seront eux aussi passés au peigne fin. Une formation sur les contrôles de la vente de produits en ligne est aussi prévue pour nos collaborateurs.»

Informer les entreprises de la branche

Une communication accrue au sujet des obligations légales a été faite auprès des entreprises de la branche, car «on constate qu’elles ne sont pas au clair sur ce qui leur est demandé, à savoir que les consommateurs doivent disposer des mêmes informations lorsqu’ils achètent en ligne qu’en magasin». Des conseils ont aussi été mis à disposition des internautes sur le site de l’OSAV.

La Fédération romande des entreprises, qui a fait le même constat que les chimistes cantonaux et a également eu vent de cas de manquement à la fraîcheur, se dit ravie de ces mesures. «Il ne faut pas qu’il existe un moyen de vente qui échappe à la réglementation», estime Barbara Pfenniger. Selon elle, en plus du prix et du poids, la composition, les allergènes, la déclaration nutritionnelle et la provenance des produits sont les éléments les plus importants à connaître lors d’un achat.

Vente d’aliments en pleine croissance

La loi sur les denrées alimentaires exige que les informations en ligne soient les mêmes que celles qui figurent sur l'étiquette en magasin. Seules exceptions: la date de péremption et le lot des produits. Cette réglementation, en vigueur depuis 2018, tient compte de la tendance croissante de la vente en ligne, qui a connu un boum durant la crise sanitaire. «Cela ne ne va pas s’arrêter là. C’est un phénomène qui va s’accroître dans le futur. Il est donc important que les commerçants soient à jour. Cette campagne d’inspection est tombée au bon moment», conclut Patrick Edder.

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