Coupe de l'America - Première manche: Alinghi subit une véritable «Oraclée»
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Coupe de l'America - Première mancheAlinghi subit une véritable «Oraclée»

La première manche du «match» de la 33e Coupe de l'America a enfin eu lieu vendredi à Valence, et Oracle, le challenger, a pulvérisé Alinghi, tenant du trophée: les Américains se sont imposés avec plus de 15 minutes d'avance, grâce au pari réussi de son «aile» rigide géante.

Avec cette victoire sans appel, Oracle, qui mène 1-0 dans ce duel au meilleur des trois manches, pourrait s'emparer de l'aiguière en argent dès dimanche et la ramener aux Etats-Unis pour la première fois depuis 1995, si les conditions de navigation restent favorables en baie de Valence.

Personne ne savait vraiment lequel des deux monstres des mers, entre le maxi-catamaran «Alinghi 5» et le trimaran géant «USA», qui ne s'étaient jamais affrontés, était le plus rapide pour ce duel ordonné par les tribunaux après un long litige entre les deux syndicats.

Surprise

La réponse a un peu tardé, mais elle fut saisissante: «USA» et sa voile rigide de 68 mètres ont été beaucoup plus performants qu'Alinghi 5, pourtant réputé plus rapide dans le petit temps, comme c'était le cas vendredi (vent de 7-8 noeuds).

On voit mal maintenant comment le «defender» pourrait revenir à hauteur de son «challenger» dimanche lors de la deuxième manche (un parcours triangulaire de 39 milles) en raison de l'écart colossal et inattendu constaté dès la première manche.

Alinghi n'a fait illusion que pendant un quart d'heure. Barré par le propriétaire du défi suisse, Ernesto Bertarelli, «Alinghi 5» a pris le meilleur départ malgré une pénalité reçue dans le pré-départ en raison du jeu habile et féroce du barreur d'Oracle, l'Australien James «Pitbull» Spithill.

Ecart abyssal

Alinghi 5 a ensuite compté jusqu'à près de 700 mètres d'avance, mais le trimaran du milliardaire américain Larry Ellison, nettement plus rapide, est vite revenu à hauteur avant de s'envoler vers une victoire évidente. Au près (contre le vent), Oracle a eu jusqu'à 1,4km d'avance. L'écart, de 3'21 à mi-parcours (20 milles nautiques), s'est terriblement creusé au portant (avec le vent), pour se figer à l'arrivée à 15'28.

Les bateaux ont avancé à une moyenne approchant les 20 noeuds contre le vent. «USA» a été nettement supérieur au portant (24-26 noeuds contre 20-22), lors de cette course disputée par temps ensoleillé mais froid en baie de Valence.

Cette première régate, prévue lundi, avait été reporté deux fois, de lundi à mercredi, faute de vent suffisamment stable, puis de mercredi à vendredi, en raison d'une mer trop agitée, selon le Comité de course.

Fixée vendredi à 12h00 au lieu des 10h00 habituelles, elle n'a finalement débuté qu'à 14h35 (pré-départ lancé à 14h25) en raison d'un vent longtemps instable puis trop faible sur le plan d'eau.

La deuxième manche, prévue dimanche, se disputera sur un parcours triangulaire de 39 milles. La troisième manche, si nécessaire, sera identique à la première (un aller-retour de 40 milles).

Ce duel en multicoques en février à Valence a été imposé par la justice américaine, s'appuyant sur le «Deed of Gift», document historique qui régit l'épreuve de voile, et en raison de nombreux désaccords entre Alinghi, détenteur du trophée depuis 2003, et Oracle, qui court après depuis 2000.

Le fil de la course en détail:

La pénalité n'ayant pas été effectuée correctement par Alinghi, selon le jury, le bateau suisse a été contraint d'en effectuer une nouvelle. Le retard officiel se chiffre à 15min 28''.

Le catamaran blanc passe enfin la ligne après avoir effectué une pénalité pour réparer sa faute du départ. Son retard est énorme: 10min 01''.

A la barre d'Alinghi, le patron Ernesto Bertarelli a fait trop de chemin et doit changer de cap pour revenir sur la ligne d'arrivée.

Il faut à présenter patienter en attendant qu'Alinghi termine à son tour sa course.

Oracle franchit en vainqueur la ligne d'arrivée.

Le défi américain poursuit son irrésistible course vers la ligne d'arrivée.

Le vent a nettement faibli par rapport au début de la régate. Des conditions plus faibles seraient plus favorables au «challenger» suisse, selon les observateurs.

Alinghi ne perd pas espoir et continue de faire avancer son catamaran le plus vite possible, mais sa mission semble compromise.

A mi-parcours, l'écart faiblit très légèrement avec une vitesse légèrement plus élevée pour Alinghi. Mais Oracle peut se permettre de gérer son large avantage de 3300m.

Sauf coup de théâtre, les Américains devraient marquer le premier point dans cette compétition, même si la course est encore longue. Nous ne sommes pas encore à mi-chemin dans le deuxième bord.

Oracle file inexorablement vers la victoire. Il possède en effet près de 3000m d'avance sur Alinghi, qui doit encore effectuer une rotation sur lui-même pour payer sa pénalité.

James Spithill, l'Australien à la barre du trimaran noir, maîtrise parfaitement son embarcation. Il file vers la ligne d'arrivée avec une avance toujours plus importante (plus de deux kilomètres).

En redescendant, Oracle a trouvé une risée plus forte qui lui permet d'accentuer encore son avance.

En terme de mètres, Oracle s'envole avec plus de 1600m de bonus.

L'écart en temps se chiffre à 3min 21'' au moment où les Suisses passent à leur tour la première bouée.

Oracle passe enfin la bouée au vent.

Alinghi a viré sur la lay line. Le catamaran blanc concède toujours un retard conséquent au trimaran noir (environ 1300m).

Oracle effectue son deuxième virement sur la lay line, la ligne virtuelle que les bateaux suivent en ligne directe pour arriver sur la bouée.

Rappelons qu'Oracle possède encore l'avantage d'avoir su infliger une pénalité aux Suisses avant le départ.

Les Américains ont réalisé que leur choix tactique n'était pas optimal et ont à nouveau hissé leur voile avant.

La vitesse a nettement faibli pour le trimaran américain après cette manoeuvre. Il semblerait que le vent soit aussi moins fort à la bouée, ce qui pourrait avantager Alinghi.

Ce premier bord de près semble interminable, mais on s'approche tout de même peu à peu de la bouée au vent. Oracle a affalé (descendu) sa voile avant afin d'applatir son bateau et fair d'avantage de cap.

La performance du trimaran noir d'Oracle est absolument impressionnante dans les conditions actuelles. Il possède un avantage de plus d'un kilomètre sur le «defender» de la Coupe.

Plus de 600m séparent actuellement les bateaux. Ils devront assurément virer une nouvelle fois avant la bouée de près, car ils ne peuvent actuellement faire route directe vers celle-ci.

Oracle vire à son tour. La manoeuvre semble plus compliquée qu'à bord «Alinghi 5», car il faut veiller à ne pas tomber à l'eau en l'absence d'un filet.

Alinghi lance son premier virement de bord et se retrouve tribord amures. Le catamaran choisit de remonter plus près de la bouée dans le lit du vent.

Le trimaran noir ne cesse de prendre l'ascendant sur son adversaire en ce moment. L'écart virtuel se mesure désormais à plus de 500m.

Les deux embarcations filent vers la première bouée en longeant la côte espagnole. Le challenger américain a creusé l'écart et possède désormais plus de 400m d'avance.

Si l'écart reste similaire jusqu'au terme de la course, les Suisses risquent de regretter d'avoir subi cette pénalité au cours de la procédure de départ. Ils devront en effet effectuer un tour complet sur eux-mêmes avant de passer la ligne d'arrivée. Mais la course est encore longue.

La vitesse des deux bateaux a augmenté à l'approche de la première bouée. Ils filent désormais à plus de 20 noeuds. Oracle tient toujours la corde avec un écart qui oscille entre 145 et 160m à l'avantage du trimaran.

Le vent à légèrement forci, ce qui visiblement avantage le défi américain. Mais le «defender» reste au contact. Les deux bateaux semblent voler au-dessus du plan d'eau.

A mi-distance dans le premier bord, Oracle a virtuellement dépassé le catamaran suisse.

Petit à petit, Oracle semble grignoter son retard sur Alinghi. Sa vitesse est plus régulière et légèrement supérieure.

Alighi fait la course en tête sur la première partie du premier bord de près. La vitesse semble stable pour les deux bateaux (environ 17 noeuds).

Malgré ce couac, le catamaran suisse a réussi un départ canon, prenant le large à grande vitesse. Le trimaran américain est lui resté «scotché» sur la ligne, après s'être mis à l'arrêt.

Alinghi a mal commencé en subissant une pénalité dans la procédure de départ, pour un refus de priorité. (20 minutes/si)

Réactions

Ernesto Bertarelli (SUI/patron d'Alinghi): «C'est sûr que le départ après la pénalité était bon. Mais après le vent a vite changé. L'aile (la voile rigide géante d'Oracle, ndlr) semble vraiment être une arme. On n'a pas eu la configuration (de course) qu'on voulait avoir. La Coupe de l'America n'est pas terminée, il y a encore une course. Il n'y a pas de raison de modifier l'équipage. C'est la course, vous gagnez, vous perdez, c'est le jeu. Aujourd'hui ils étaient plus rapides. Je ne pense pas qu'on puisse construire une aile d'ici dimanche. Mais nous avons plusieurs voiles. Nous devons penser à tout ça».

James Spithill (AUS/barreur du trimaran d'Oracle, «USA»): Pendant le pré-départ «nous avons fait un assez bon boulot, on a obtenu la pénalité (contre Alinghi) et on les a mis dans les cordes. J'ai toujours su que si on arrivait à «voler» sur une coque nous irions vite au près (contre le vent) mais j'ai été très surpris au portant (avec le vent). C'était l'un des jours les plus durs pour moi sur le bateau, en raison de la pression et des changements de direction (de vent). Mais, au final, c'était une bonne journée. Je suis sûr qu'on peut améliorer certaines choses mais évidemment c'était formidable. On prend chaque course comme elle vient».

Brad Butterworth (NZL/Skipper du catamaran suisse Alinghi 5): «L'équipage a bien navigué, mais la vitesse des bateaux a fait la différence. La solution qu'ils ont trouvée pour Oracle leur donne une grande rapidité. C'est dur de les battre dans de telles circonstances. Ils étaient impressionnants au près. Nous allons nous ressaisir et penser à la deuxième manche. Dimanche, ce sera une course différente. Nous avons été un peu surpris par la pénalité (lors du pré-départ), mais ça n'a pas eu d'influence sur la course.»

Larry Ellison (USA/ patron du trimaran américain USA): «Ce qui m'a surpris, c'est qu'on a franchement bien marché avec un vent de 8 noeuds. Mais Alinghi est le champion et rien n'est gagné d'avance. On verra ce qui arrive dimanche.»

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