Football - Coupe du monde: Aller aux barrages, une bonne nouvelle?
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Football - Coupe du mondeAller aux barrages, une bonne nouvelle?

L'équipe de Suisse n'a pas réussi à se qualifier directement pour le Mondial en Russie et devra passer par les barrages. Mais est-ce une si mauvaise chose?

par
Robin Chessex
Lisbonne

On n'a pu que le constater mardi à Lisbonne, l'équipe de Vladimir Petkovic n'est pas encore prête pour être compétitive dans un match à grand enjeu. Elle a été écrasée par la pression face au Portugal. Elle va donc devoir remettre le métier à l'ouvrage pour disputer des matches couperets de barrage. Et on peut se demander si ce n'est pas bénéfique. En effet, si elle devait finir par accéder à la Coupe du monde, autant que la Nati ait encore un tour de chauffe. Imaginons qu'elle se soit qualifiée de justesse, aux points, en terminant par le match de mardi, il n'y aurait tout de même pas matière à être optimiste en vue d'une phase finale remplie de grosses cylindrées.

Depuis 23 ans, la Suisse n'a jamais passé un match à élimination directe en Coupe du monde ou à l'Euro. Avec ces barrages, elle a l'occasion d'accomplir une belle étape dans sa marge de progression. Jouer deux matches aller-retour avec de tels enjeux apparaît comme bien plus constructif pour une équipe qu'une tournée amicale en Floride. Vladimir Petkovic s'est souvent plaint de devoir jouer des matches amicaux inutiles, il va donc être servi.

Des moments qui peuvent devenir fondateurs

La France s'en souvient encore. Les matches de barrage pour le Mondial 2014, lors desquels elle avait renversé la vapeur face à l'Ukraine, sont encore considérés chez nos voisins comme le renouveau des Bleus.

En Suisse, on se rappelle bien sûr de novembre 2005 en Turquie, et de l'impact que cette double confrontation avait eu sur les hommes de Köbi Kuhn. Ces matches de barrages, s'ils sont bien négociés évidemment, peuvent devenir l'occasion de souder un groupe, de prendre confiance et d'écrire son histoire. Ils sont, pour l'instant, le seul type de compétition pour les équipes nationales qui se jouent en élimination directe sur aller-retour, comme un huitième de Champions League, par exemple. Dans ce sens, ils permettent, du coup, d'aborder une nouvelle forme d'enjeu pour une sélection et de contribuer à lui apprendre à mieux se connaître.

En outre, elle peut faire gagner des points au classement FIFA puisque ces matches compteront davantage que les amicaux que les autres équipes, qui ne feront pas les barrages, seront contraintes de jouer simultanément.

Que ce soit la Suède, l'Irlande, la Grèce ou l'Irlande du Nord, l'équipe de Suisse devra affronter, avec une pression intense, un adversaire qui aura des caractéristiques très différentes pour chacun mais qui, globalement, ne sera pas une équipe du calibre du Portugal. Et les hommes de Petkovic n'auront pas beaucoup de regret à avoir de ne pas aller en Russie s'ils ne sont pas capables de passer cette épreuve.

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