Actualisé 24.02.2016 à 16:03

EspagneAlliance socialistes-centristes tentée

Un texte d'accord, contenant un programme de gouvernement, a été signé au Congrès des députés par le socialiste Pedro Sanchez et le chef de Ciudadanos Albert Rivera.

Le chef du Parti socialiste Pedro Sanchez(à gauche) et le chef de Ciudadanos Albert Rivera.

Le chef du Parti socialiste Pedro Sanchez(à gauche) et le chef de Ciudadanos Albert Rivera.

photo: Keystone

Le Parti socialiste espagnol (PSOE) a obtenu mercredi le soutien des centristes de Ciudadanos pour l'investiture de son chef Pedro Sanchez à la présidence du gouvernement. Mais tout reste à faire pour surmonter le blocage politique de l'Espagne.

Le texte de l'accord, contenant un programme de gouvernement, a été signé au Congrès des députés par Pedro Sanchez et le chef de Ciudadanos Albert Rivera. «C'est le premier pas pour qu'il puisse y avoir un changement politique dans notre pays», a déclaré le dirigeant socialiste.

La tâche est ardue. Les législatives du 20 décembre ont en effet laissé un paysage politique fragmenté entre quatre grandes formations dont aucune n'a assez d'élus pour diriger seule: les conservateurs du Parti Populaire (PP), le PSOE, le parti de gauche radicale Podemos et Ciudadanos.

Un plan de «200 réformes»

L'accord énumère «200 réformes», visant notamment à apporter une «régénération démocratique» à un pays miné par la corruption. Il contient l'engagement de limiter les hausses d'impôts, une réforme du droit du travail et un «plan d'urgence sociale» pour les défavorisés, alors que le taux de chômage dépasse les 20%, a assuré Pedro Sanchez. Il défend l'unité de l'Espagne face aux indépendantistes de Catalogne. C'est le cheval de bataille de Ciudadanos.

Ce programme suppose enfin une révision à la baisse du régime d'immunité des parlementaires, et la limitation à deux mandats de la présidence du gouvernement.

Il implique surtout, selon le principal négociateur socialiste, Antonio Hernando, que les libéraux promettent leurs 40 voix à Pedro Sanchez au cours du débat parlementaire pendant lequel il tentera d'être investi président du gouvernement, ce qui lui assurera 130 voix sur 350.

Podemos pas convaincu

Ce débat interviendra à partir de mardi. mais Pedro Sanchez a encore beaucoup de chemin à parcourir pour obtenir l'investiture. Il lui faudrait le soutien d'autres formations ou au moins leur abstention pour gouverner en minorité, et en particulier celle de Podemos, qui a 65 élus et n'est pas convaincu.

«Cet accord ne vaut ni pour un gouvernement ni pour une investiture, même si le pape le ratifiait, parce que le compte n'y est pas : ils n'ont que 90 et 40 députés», a déclaré le chef de Podemos Pablo Iglesias.

Pedro Sanchez lui a répliqué que l'accord était «historique». «J'entends depuis hier des partis qui disent que le compte n'y est pas. Mais je leur dit (...) qu'ils n'ont rien compris (...) car il implique des réformes réclamées par les citoyens», a-t-il dit. «C'est un accord ouvert, qui n'exclut pas et qui tend la main à la gauche et à la droite», a-t-il ajouté.

Opposition à droite

Albert Rivera ne désespère pas de parvenir à convaincre la droite de laisser les socialistes gouverner. «Cet accord est parfaitement valable pour une grande majorité d'Espagnols», a-t-il dit en annonçant qu'il serait transmis aussi au PP.Le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy, qui ne l'a pas lu, lui a opposé une cinglante fin de non-recevoir. «Ce pacte ne sert à rien», a-t-il dit mercredi matin, annonçant que son parti voterait contre.

Mariano Rajoy était sorti vainqueur des législatives avec 28,7% des voix. Mais il a dû renoncer à former un gouvernement parce qu'il ne trouve aucun partenaire pour son parti accablé par les scandales de corruption.

Possible retour aux urnes en juin

Accusé en privé par certains élus socialistes de tout faire pour torpiller la constitution d'un gouvernement dirigé par le PSOE, Podemos est resté plus ambigu, puisqu'il continue à négocier avec lui.

Le parti de gauche radicale qui fut proche du grec Syriza, exige notamment la vice-présidence du gouvernement et a toujours dit son opposition à Ciudadanos, jugé trop libéral. Il souhaite en outre l'organisation d'un référendum d'autodétermination en Catalogne auquel Ciudadanos et le PSOE ont clairement dit non.

M. Rajoy quant à lui a d'ores et déjà annoncé qu'il pariait sur l'échec de M. Sanchez. Il a estimé que le pays serait contraint de se retourner aux urnes pour débloquer la situation le 26 juin. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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