Actualisé 17.05.2017 à 16:59

Festival de Cannes

Almodovar met la pression sur Netflix

La présence de deux films de la chaîne américaine en compétition continue de faire des vagues.

1 / 101
Le Suédois Ruben Östlund a imposé en une poignée de films son oeil caustique et son goût pour la satire. Au point de convaincre le jury cannois de lui décerner la Palme d'or pour «The Square».

Le Suédois Ruben Östlund a imposé en une poignée de films son oeil caustique et son goût pour la satire. Au point de convaincre le jury cannois de lui décerner la Palme d'or pour «The Square».

AFP
L'actrice Uma Thurman, présidente du jury pour «Un Certain Regard». (Dimanche 28 mai 2017)

L'actrice Uma Thurman, présidente du jury pour «Un Certain Regard». (Dimanche 28 mai 2017)

kein Anbieter
Le réalisateur David Lynch et sa femme Emily Stofle, accompagnés de la productrice Sabrina Sutherland. (Dimanche 28 mai 2017)

Le réalisateur David Lynch et sa femme Emily Stofle, accompagnés de la productrice Sabrina Sutherland. (Dimanche 28 mai 2017)

kein Anbieter

Le président du jury du 70è Festival de Cannes, l'Espagnol Pedro Almodovar, a estimé mercredi que la Palme d'or devrait sortir en salles, mettant la pression dès le premier jour sur Netflix, dont deux films sont pour la première fois en compétition officielle.

La polémique qui a précédé cette édition a connu un nouveau rebondissement à l'occasion de la conférence de presse du jury: «ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix décerné à un film ne puisse pas être vu en salles», a déclaré le réalisateur.

Pas de sorties en salles prévues

Le géant américain du streaming ne prévoit pas de sortir dans les salles françaises «Okja» et «The Meyerowiitz Stories». Pour Almodovar, qui a lu un texte, ces deux films ne sauraient donc remporter aucun prix. A moins d'un rétropédalage de Netflix, alors qu'il a annoncé une sortie en salles en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, en même temps que sa diffusion mondiale sur sa plateforme aux 100 millions d'abonnés.

«La seule solution est que les nouvelles plateformes acceptent les règles en place, financières ou fiscales qui ont été adoptées par l'ensemble des réseaux. C'est le seul moyen de pouvoir survivre dans le cinéma», a argué le réalisateur de Volver, âgé de 67 ans.

L'annonce de la présence de Netflix en compétition cannoise a bousculé le milieu du septième art français, ce nouvel arrivant étant en concurrence directe avec les salles de cinéma. Sous la pression, les organisateurs du festival ont modifié leur règlement, imposant à partir de 2018 que tout film en compétition s'engage à sortir en salles.

Will Smith plus nuancé

«Okja», réalisé par le Sud-Coréen Bong-Joon-ho, doit être présenté vendredi en compétition et des affiches immenses sur la Croisette annoncent même sa diffusion le 28 juin sur Netflix. «The Meyerowitz Stories» de l'Américain Noah Baumbach, sera lui en lice dimanche. La Palme d'or sera décernée le 28 mai.

Lors de cette conférence de presse traditionnelle du jury, quelques heures avant l'ouverture du festival, l'un de ses membres, l'Américain Will Smith, a exprimé une position plus nuancée. «J'ai des enfants de 16, 18 et 24 ans à la maison. Ils vont au cinéma deux fois par semaine et ils regardent aussi des films sur Netflix et on peut passer de l'un à l'autre», a argué la star de 48 ans.

«Chez moi, Netflix est utile car (les gens) peuvent voir des films qu'ils n'auraient pas pu voir autrement, Netflix est utile pour se connecter au monde», a-t-il plaidé sous les yeux impassibles d'Almodovar et des autres membres du jury, dont Jessica Chastain, très glamour, toute de rouge vêtue. Will Smith, dont le prochain film «Bright», réalisé par David Ayer, est produit par Netflix, espérait «un scandale», avait-il dit en riant lors du photocall précédant la conférence de presse...

Monica Bellucci, maîtresse de cérémonie

Hormis cette mise au point du président Almodovar qui devra mettre ses huit jurés d'accord pour choisir la Palme, cette année sertie de dizaines de diamants, la présentation du jury à la presse a été décontractée. Almodovar, vêtu d'un survêtement violet et d'un polo pistache, n'a pas hésité à s'asseoir au milieu des dizaines de photographes présents, téléobjectif à la main.

Auparavant, «Les fantômes d'Ismaël» du Français Arnaud Desplechin, un triangle amoureux réunissant pour la première fois Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg, aux côtés de Mathieu Amalric, était le premier rendez-vous du festival pour cette oeuvre hors-compétition.

La soirée d'ouverture, avec Monica Bellucci en maîtresse de cérémonie, débutera peu après 19H00 avec la première montée des marches. «Jamais nous n'avons invité autant de stars internationales», notamment pour une soirée exceptionnelle mardi prochain qui sera le point culminant de cette 70e édition du festival, s'est félicité son président, Pierre Lescure.

Un grand dîner de gala réunissant des personnalités ayant marqué l'histoire du festival, dont de nombreux «palmés», est annoncé. Leurs noms sont pour l'instant tenus secrets mais le délégué général, Thierry Frémaux, promet une «belle montée de marches». (nxp/afp)

Lily-Rose Depp en ouverture

L'actrice franco-américaine Lily-Rose Depp et le réalisateur iranien Asghar Farhadi déclareront «ouverte» mercredi soir la 70ème édition du Festival de Cannes, a-t-on appris auprès des organisateurs. La fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp, âgée de 19 ans, a été choisie comme «symbole de la jeunesse», tandis que le réalisateur incarne un «cinéma d'auteur engagé», a-t-on expliqué de même source. L'Iranien a obtenu le prix du scénario du Festival en 2016 pour «Le Client», également récompensé de l'Oscar du meilleur film étranger cette année.

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!