France: Alstom poursuit sa réflexion
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FranceAlstom poursuit sa réflexion

Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a «reporté» sa rencontre avec le Pdg du groupe américain General Electric, intéressé par le rachat du pôle énergie d'Alstom

Le groupe Alstom, dont les activités Energie sont convoitées par l'américain General Electric et l'allemand Siemens, a annoncé dimanche soir poursuivre et approfondir «sa réflexion stratégique» jusqu'à mercredi matin. L'entreprise a tenu un conseil d'administration dans l'après-midi.

Dans un communiqué de deux lignes, Alstom précise qu'il «informera le marché d'ici mercredi 30 avril matin» du fruit de sa réflexion, et que la cotation du titre à la Bourse de Paris «reste suspendue».

Dans la journée, Paris a tenté de défendre les intérêts stratégiques de la France et son souci pour l'emploi dans le dossier Alstom. Au vu de l'intérêt manifesté par l'allemand Siemens, Bercy veut prendre le temps nécessaire à l'examen de ce dossier stratégique.

Investisseurs importants en France

Le gouvernement souhaite procéder à un «examen sérieux des propositions» sur la table, a annoncé Bercy. En conséquence, le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a reporté son entrevue avec le patron de General Electric (GE) Jeffrey Immelt.

«Compte tenu des enjeux stratégiques pour l'industrie et l'économie française, le gouvernement n'acceptera pas qu'une décision soit prise, quelle qu'elle soit, dans la précipitation et sans l'instruction conjointe avec les intérêts de la nation des choix alternatifs», a affirmé le ministère.

Le gouvernement français «est prêt à examiner» les projets de GE et Siemens, «deux investisseurs importants» en France, «avec le souci de préserver les intérêts de la base industrielle de la France et à y participer financièrement», a-t-il dit.

70% de l'activité d'Alstom

Ces discussions devaient porter sur le projet du mastodonte GE (305'000 salariés à travers le monde, 146 milliards de dollars de chiffre d'affaires), de racheter les actifs d'Alstom dans l'énergie.

Ces divisions «Power» et «Grid», spécialisées dans les équipements pour centrales thermiques, les lignes à haute tension ou encore les énergies renouvelables, représentent plus de 70% de l'activité d'Alstom et un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros.

Les négociations seraient déjà bien avancées avec le groupe français dirigé par Patrick Kron, pour une transaction estimée à quelque 10 milliards d'euros (12,2 milliards de francs) qui ne concernerait pas la branche transport, fabriquant les trains à grande vitesse (TGV). Le groupe diversifié Bouygues, premier actionnaire d'Alstom avec 29,4%, serait favorable à l'opération.

Siemens trouble la fête

Mais l'allemand Siemens est venu jouer les trouble-fête. Dimanche matin, il a annoncé dans un bref communiqué avoir fait part à Alstom «de sa disposition à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future».

Selon Le Figaro, Siemens aurait proposé à Alstom dimanche matin de reprendre l'activité énergie convoitée par GE, contre une somme en numéraire à laquelle s'ajouterait «la moitié de sa branche transports».

Ce rebondissement a surpris les analystes, car lors du sauvetage d'Alstom en 2003-2004, alors au bord de la faillite, l'Etat français s'était opposé à un rachat par Siemens.

Siemens craint visiblement de se retrouver face à un très puissant concurrent sur ses terres européennes, en cas de rapprochement entre GE et Alstom dans le domaine de l'énergie, l'une de ses sources majeures de revenus et bénéfices. Mais le PDG d'Alstom est viscéralement opposé à tout rapprochement avec le groupe allemand.

L'Etat s'invite

Or, bien que l'Etat ne soit plus actionnaire de l'entreprise depuis 2006, le gouvernement français s'est invité avec force dans le dossier. Dès vendredi, M. Montebourg a reçu Clara Gaymard, la dirigeante de GE en France, selon des sources proches.

Car le gouvernement entend être «particulièrement ferme sur ses exigences de maintien et de créations d'emplois, d'investissements et de recherche-developpement en France, ainsi que le maintien des centres de décision en France», a martelé Bercy dimanche. Il sera «extrêmement vigilant, s'agissant du maintien de l'excellence et de l'indépendance de la filière nucléaire française». (afp)

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