Argovie: Alstom, symbole de la désindustrialisation
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ArgovieAlstom, symbole de la désindustrialisation

L'annonce de General Electric est un nouveau signal négatif pour l'industrie. Qui redoute désormais le pire pour sa survie en Suisse.

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Pascal Schmuck/nxp
General Electric va supprimer près qu'un quart des emplois chez Alstom Suisse.

General Electric va supprimer près qu'un quart des emplois chez Alstom Suisse.

photo: Keystone

Les 1300 suppressions de postes sur les 5500 que compte Alstom Suisse soulèvent une vague d'inquiétudes dans le pays, beaucoup y voient un nouveau signe de désindustrialisation.

Pour Yngve Abrahamsen, directeur des prévisions à l'institut de recherches conjoncturelles KOF de l'EPFZ, l'industrie pourrait aller au-devant d'heures sombres. «Le problème, c'est qu'il n'y a plus de créations d'emplois», a-t-il expliqué à 20 Minuten.

Le franc fort n'est pas le seul responsable mais désormais «la vague de suppressions de postes a repris et va se renforcer». A son avis, on peut parler d'hémorragie industrielle qui va se poursuivre durant les années à venir.

Johann Schneider-Ammann trop passif?

De son côté, le conseiller national et syndicaliste Corrado Pardini ne décolère pas. «Tout d'abord, General Electric a menti à tout le monde, à commencer par le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. Ensuite, la Confédération est responsable de ce désastre parce qu'elle est incapable de mener une politique industrielle digne de ce nom», explique-t-il dans les colonnes du Blick.

Il craint surtout que la Suisse ne se transforme en une «espèce de Monaco» qui ne fournirait que des services pour le secteur financier. Il regrette aussi la passivité du chef du Département de l'Economie. «J'attendais de lui qu'il exige davantage de General Electric et non qu'il se laisse embobiner par de belles paroles.»

Les fournisseurs tremblent

L'annonce du conglomérat américain a plongé tout le canton d'Argovie dans la consternation car, au-delà des suppressions d'emplois, c'est tout le tissu économique de la région qui craint le pire. Comme le rappelle l'Aargauer Zeitung, Alstom faisait vivre 5500 fournisseurs.

Ces derniers regardent désormais l'avenir avec inquiétude, avertit dans le Tages-Anzeiger Oliver Müller, directeur de Swissmechanic, association patronale pour les PME active dans les branches mécaniques.

Le directeur anticipe déjà des faillites. «L'année passée, de nombreux fournisseurs ont réussi à survivre en prenant des mesures d'économies et nous n'avons enregistré aucun dépôt de bilan. Cela pourrait bien changer cette année.»

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