Suisse: Alzheimer: «Les proches des malades sont au bout du rouleau»
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SuisseAlzheimer: «Les proches des malades sont au bout du rouleau»

Le Conseil suisse des aînés demande un plus grand soutien des pouvoirs publics envers les proches aidants qui s’occupent des quelque 155’000 personnes souffrant de cette maladie en Suisse.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
© SRK, Ruben Ung/ Croix rouge suisse

Environ 155’000 personnes atteintes de l’alzheimer vivent en Suisse. En moyenne une à trois personnes (membres de la famille ou amis) aident et accompagnent chaque patient au quotidien et dans la durée. «De par leurs liens avec les personnes malades, la prise en charge par les proches aidants est chronophage et exigeante sur le plan émotionnel. C'est un grand engagement qui mérite enfin une reconnaissance sociale. Dans de telles situations, bénéficier régulièrement d’un congé vaudrait son pesant d'or», suggèrent Bea Heim et Roland Grunder, les coprésidents du Conseil suisse des aînés (CSA).

Plus de deux mille millions dépensés

En 2017, selon l'assurance obligatoire des soins (AOS), environ 497 000 patients se sont fait soigner dans un cabinet psychiatrique-psychothérapeutique ambulatoire. Rapporté à la population, cela correspond à un taux de 59 personnes pour 1000 assurés. Soit 61 pour 1000 chez les adultes (19  ans et plus) et 42 pour 1000 chez les enfants et adolescents. Dans le domaine de la psychiatrie, les coûts à la charge de l'AOS ont atteint 2075 millions de francs en 2017, rappelle l’Observatoire suisse de la santé. D’autre part, selon l’Office fédéral de la santé, 7% des hospitalisations sont dues à des troubles mentaux ou du comportement en 2017. Cela représente 69’898 patients. La classe d’âge des 45 à 64 ans est la plus touchée.

«Les proches aidants sont au bout du rouleau. Et cet épuisement a des répercussions sur leur rendement au travail ainsi que sur leur santé. Une meilleure répartition de la prise en charge permettrait au secteur public d’économiser des centaines de millions par année», analyse Roland Grunder.

Alléger la charge et améliorer la stratégie nationale

Pour remédier à cette situation préjudiciable, l’entité qui porte la voix des seniors au niveau national invite la Confédération, les Cantons et les Communes à «créer des structures basées sur les besoins pour alléger la charge des proches aidants». Reprenant l’avis des institutions spécialisées et la Conférence des directeurs de la santé, le CSA rappelle qu’il est «urgent d'étendre et de concrétiser les bases légales pour la prise en charge des soins». Et pour y arriver, «il faut améliorer la stratégie nationale en matière de démence», avance Roland Grunder.

En Suisse, une personne sur sept reçoit une aide informelle au moins une fois par semaine de la part de proches. Chez les 85 ans et plus, c’est une personne sur trois. Pour info, il faut rappeler que plusieurs Cantons ont mis en place un dispositif financier pour aider les proches aidants. Et des structures, dont Pro Infirmis, Pro Senectute, Alzheimer Suisse et la Croix-Rouge, proposent une vaste gamme d’offres de soutien. Rien que dans le canton de Vaud, 86'000 personnes apportent du soutien régulier à un membre de leur entourage et 60% d’entre elles mènent en parallèle une activité professionnelle.

Maladie liée à la vieillesse

La maladie d'Alzheimer est une maladie incurable liée au vieillissement. Elle provoque un déclin progressif des facultés cognitives. Ainsi, les cellules nerveuses des régions du cerveau responsables de la mémoire et du langage sont détruites progressivement. De fil en aiguille, la personne atteinte arrive de moins en moins à mémoriser les événements, à reconnaître les objets et les visages, à percevoir le sens des mots et à exercer son jugement. Cette maladie dégénérative est la forme de démence la plus fréquente chez les personnes âgées. Elle doit son nom au psychiatre allemand Alois Alzheimer (1864-1915), qui a décrit pour la première fois les symptômes de la dégénérescence corticale en 1906.

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179 commentaires
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Lulu 75

22.09.2020, 22:08

Sur les autres sujets, les commentaires sont fermé au bout de quelques heures. Ce sujet-là, est commenté depuis hier. Des explications?

Reali

22.09.2020, 15:50

Nos enfants ne s'occuperont pas de nous les aidants comme nous nous occupons de nos parents âgés et malades. Ils sont trop occupés à vivre leur vie. On sera forcé d'aller en EMS. Triste 😔 réalité.

Retraité de plus de 70 ans

22.09.2020, 12:46

Tout le système de santé est à revoir de son fonctionnement à son financement en passant par la caisse unique ou cantonale (penser que chaque caisse à son management bien payé voire surpayé, son administration, etc). Il en va aussi de la gestion des maladies à long terme et la prise en charge partielle ou complète des conséquences collatérales. Tout est basé selon des principes révolus et n’ayant plus court. Tout ce qui est inutile (chirurgie esthétique exception accident; beauté, performance, doit être exclu). Les politiques ont la charge de la mise en place et ce travail est compris dans le salaire. Fin des avantages d’initiés