Amadou & Mariam: Amadou & Mariam : frissons électriques
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Amadou & MariamAmadou & Mariam : frissons électriques

Vendredi soir, le duo malien Amadou & Mariam ont bercé Paléo avec leurs ballades qui chantent la solidarité entre les peuples.

So… So… Amadou & Mariam chantent devant 20 000 personnes et ils ne les voient pas. Qu'éprouvent-ils ce vendredi soir 21 juillet, dans l'obscurité qui est la leur, alors qu'ils se trouvent en pleine lumière? Est-ce là le secret de leur musique? Ce duo d'aveugles de Bamako, avec leur leur funk-rock nostalgique a aimanté la plaine de l'Asse, plutôt comble pour une fin d'après-midi. L'air de ne pas y toucher, les protégés du chanteur Manu Chao ont su, avec leur tam-tams et leurs guitares nonchalantes, scotcher littéralement le public. Sur la Grande Scène, ils sont naturels, relax, parfaitement détendus. Comme s'ils s'apprêtaient à prendre le thé... Pas d'effet de manche non plus. Sous les spots, Mariam & Amadou ne bougent pratiquement pas. Ils en jettent pourtant. Leur son, professionnel et intime, est d'une grande élégance qui rappelle le blues de Ray Charles façon années 70. On s'imagine en pattes d'eph. On croit écouter la bande-son d'un film de Quentin Tarantino. Amadou & Mariam ne se prennent pas la tête… Leurs morceaux pourraient durer une éternité, qu'importe… la ballade est belle. Quand ils ont chanté pour la paix, cela m'a donné des frissons, avoue une festivalière enthousiaste qui ne regrette pas le déplacement. On sent qu'il y a un courant entre eux. Mariam reste à côté d'Amadou. Elle ne s'éloigne pas. Ils sont ensemble sur scène et dans la vie. Cela se sent. Cette complicité transpire et me touche.

Giuseppe Melillo & Catherine Hurschler

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