Conseil suisse de la presse: Amalgame entre Islam et islamisme jugé intolérable
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Conseil suisse de la presseAmalgame entre Islam et islamisme jugé intolérable

Le Conseil suisse de la presse tance la «Basler Zeitung»: dans un article, le quotidien a franchi la limite entre une critique admissible de l'Islam et la discrimination.

Selon le Conseil suisse de la presse, le «Basler Zeitung» a franchi la limite entre une critique admissible de l'Islam et la discrimination dans un article. L'auteur a recouru aux citations d'un prétendu spécialiste, qui s'est révélé être un extrémiste de droite allemand. Le conseil a examiné un article de la «Basler Zeitung» sur la persécution des chrétiens paru avant Pâques 2013. A lire l'article circonstancié, l'extrémisme islamiste infligerait à la chrétienté la pire persécution de son histoire.

L'auteur conclut que la majorité des musulmans sont pacifiques en dépit de l'islam et non à cause de lui. Pour étayer sa thèse, il citait entre autres le sociologue allemand et critique de l'Islam Michael Mannheimer. Après la publication de l'article, il est apparu qu'il s'agissait d'un pseudonyme de l'extrémiste de droite Karl-Michael Merkle. Une procédure est en cours en Allemagne contre lui pour incitation à la haine raciale. Un spécialiste de l'Islam de l'Université de Zurich et l'union des organisations islamistes de Zurich (VIOZ) se sont alors plaints auprès du Conseil suisse de la presse à propos de la «Basler Zeitung».

Plusieurs critiques

Dans sa prise de position publiée vendredi, le conseil de la presse rappelle que la déontologie admet aussi des articles «politiquement incorrects». Il critique cependant l'extrême faiblesse des sources à la base de l'article - un ouvrage collectif sur la persécution des chrétiens - au sujet de laquelle les lecteurs devaient impérativement être informés. Le journal aurait dû s'interroger sur le caractère «scientifique» de cet ouvrage et des citations qu'elle y a puisé. Il ne suffit pas de noter dans une rectification que le soi-disant sociologue et critique de l'Islam se révélait comme appartenant à l'extrême-droite. Selon le conseil de la presse, la «Basler Zeitung» a gravement violé l'interdiction déontologique de la discrimination. Elle a fait un amalgame inadmissible entre la critique légitime du terrorisme et du fondamentalisme islamiste et des assertions discriminatoires concernant l'Islam.

Deuxième plainte rejetée

Le conseil de la presse a en revanche rejeté la plainte de la VIOZ contre l'édition en ligne du «Tages-Anzeiger». Celui-ci avait brièvement publié l'article de la «BaZ» sur son site dans le cadre de sa collaboration avec le quotidien bâlois. La rédaction aurait certes été bien inspirée de scruter de près l'article avant de le reprendre, vu son ton virulent. Avec la mention «Basler Zeitung», elle a toutefois attiré l'attention sur le fait qu'il s'agissait d'un article repris ailleurs et non d'un produit de ses propres recherches. Et surtout, la rédaction a réagi sans tarder en supprimant l'article dès qu'un lecteur lui a signalé le texte problématique. (ats)

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