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SuisseAmbulances lassées de jouer au taxi

Un nombre croissant de jeunes appellent une ambulance pour ramener leurs amis alcoolisés à la maison au lieu de s'en occuper eux-mêmes.

par
Annette Hirschberg/Olivia Fuchs
Toujours plus de jeunes gens ivres sont abandonnés par leurs amis.

Toujours plus de jeunes gens ivres sont abandonnés par leurs amis.

Un nouveau phénomène, nommé «taxi 144», gagne du terrain en Suisse. Selon un ancien employé du service de protection et de sauvetage de la ville de Zurich, près de la moitié des interventions du week-end sont des courses «taxi 144», soit environ 25 cas. Ces patients finissent leur nuit à l'hôpital alors qu'ils n'ont pas réellement besoin d'être pris en charge médicalement.

Pour la grande majorité, un simple lit pour cuver suffirait. Conséquences pour le service d'urgence: pénurie du personnel soignant et d'ambulances. Le porte-parole du service de protection et de sauvetage confirme qu'un nombre croissant de jeunes gens ivres sont abandonnés par leurs amis.

Une intervention à 1200 francs

Les cantons de Bâle, Berne et Lucerne connaissent eux aussi le phénomène «taxi 144». «Durant les cinq dernières années, le nombre de jeunes qui ont été abandonnés à leur sort a fortement augmenté», confirme Peter Salzgeber, commandant de la police sanitaire de Berne. Reste que ces interventions ne sont pas gratuites: «Sur les 1200 francs de frais, les assurances maladie de base prennent en charge 500 francs par année. Le reste est à la charge du patient», explique Peter Salzgeber.

«On évite les hospitalisations inutiles»

Les ambulances lucernoises amènent-elles les jeunes alcoolisés systématiquement à l'hôpital?

Non, uniquement s'ils doivent être pris en charge médicalement. On essaie de leur parler et de voir s'il n'y pas quelqu'un à proximité qui pourrait s'occuper d'eux.

Et s'il n'y a personne?

On essaie de contacter les parents soit à l'aide des informations que le patient nous donne ou alors on retrouve le numéro de téléphone avec la carte d'identité de la personne. Parfois, on appelle aussi la police.

Et ça fonctionne?

Oui, des fois. Mais ça arrive aussi qu'on n'ait pas d'autre choix que d'emmener le patient avec nous. On essaie toutefois toujours de trouver une solution afin d'éviter les hospitalisations inutiles.

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