Actualisé 15.07.2010 à 07:04

De retour en IranAmiri dément être un physicien nucléaire

Shahram Amiri, le physicien nucléaire iranien qui affirme avoir été enlevé par des agents de la CIA, est arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi à Téhéran.

Shahram Amiri a affirmé peu après son arrivée en Iran qu'il ne travaillait pas dans le nucléaire. Ce retour est le point d'orgue d'une étrange affaire sur fond de tension entre l'Iran et les Etats-Unis sur le programme nucléaire de la république islamique. Washington affirme qu'il s'est rendu de son plein gré aux Etats-Unis. Lui dit avoir été enlevé par la CIA.

«Je n'ai rien à avoir avec Natanz et Fordo (deux sites d'enrichissement d'uranium, ndlr). C'était un jeu du gouvernement américain pour faire pression sur l'Iran», a déclaré M. Amiri dans une déclaration à la presse à l'aéroport international de Téhéran. Il y a été été accueilli par sa femme et le vice-ministre des Affaires étrangères Hassan Ghashghavi.

Simple chercheur

«Je n'ai fait aucune recherche dans le domaine nucléaire. Je suis un simple chercheur travaillant dans une université ouverte à tous et où il n'y a aucun secret», a-t-il affirmé. Il était souriant, faisant constamment le V de la victoire.

M. Amiri a disparu en juin 2009 en Arabie saoudite où il se trouvait en pèlerinage. Il a affirmé qu'il avait été «enlevé» par des agents des services de renseignements américains, aidés par des agents saoudiens, et emmené aux Etats-Unis.

Il a refait surface aux Etats-Unis en se réfugiant à la section des intérêts iraniens à Washington en demandant de pouvoir retourner en Iran.

Hillary

«Je suis vraiment surpris par les propos de la Secrétaire d'Etat américaine (Hillary Clinton) qui a déclaré que j'étais libre là-bas et que j'y suis allé librement. Je n'étais pas libre. J'étais gardé par des hommes armés des services de renseignement», a-t-il ajouté. «Les deux premiers mois, j'étais exposé aux pires tortures physiques et mentales», a-t-il poursuivi.

Selon le département d'Etat, le chercheur n'a pas été enlevé par des agents américains. «M. Amiri est aux Etats-Unis de son plein gré et il est libre de partir», avait déclaré mardi la secrétaire américaine d'Etat Hillary Clinton.

Pressions

En mars, la chaîne de télévision américaine ABC News affirmait qu'Amiri avait fait défection et qu'il coopérait avec la CIA, qui analyse les données susceptibles d'évaluer l'avancement du programme nucléaire iranien.

Sous couvert d'anonymat, un responsable américain a confirmé mercredi que Washington avait obtenu de lui des «informations utiles». Quant à son retour en Iran, il serait le résultat de pressions qu'auraient exercées les autorités iraniennes sur ses proches.

(ats)

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