Actualisé 11.01.2009 à 17:41

7e anniversaire de GuantanamoAmnesty demande l'accueil de détenus en Suisse

Amnesty International (AI) a célébré à sa manière le septième anniversaire de Guantanamo samedi à Berne, lors d'une action sur la place de la Gare.

Mais Barack Obama a averti que le problème était plus compliqué que prévu.

Barack Obama doit tenir sa promesse de fermer Guantanamo, a exigé l'organisation de défense des droits de l'homme, qui organisait samedi des actions dans 35 pays. Le nouveau président américain est prié d'annoncer dès son entrée en fonction le 20 janvier une date pour la fermeture du camp.

Dimanche, le président élu a précisé dans une interview à la chaîne ABC qu'il ne parviendrait pas à tenir sa promesse de le fermer dans les 100 jours suivant son investiture.

«C'est plus difficile que nombre de gens ne le pensent», a-t-il dit. «Je crois que cela va prendre un certain temps et nos équipes de juristes travaillent avec les responsables de la sécurité nationale, en ce moment même, pour arriver à savoir exactement ce que nous allons faire».

A Berne, des cages avec des prisonniers en orange ont rappelé symboliquement l'existence du camp aux passants. Ces derniers pouvaient signer des cartes postales adressées à Barack Obama.

Appel à la Suisse

Pour AI, la Suisse peut contribuer à «mettre un terme rapide aux violations des droits humains commises à Guantanamo» en accueillant certains détenus qui ne peuvent rentrer chez eux, notamment parce qu'ils risquent d'y être torturés. Des pays comme le Portugal et l'Allemagne se sont déjà dits prêts à le faire.

Interviewée samedi dans «Le Temps», Eveline Widmer-Schlumpf estime que «ce sont les Etats-Unis qui ont créé Guantanamo et qui devraient donc régler le problème». Pour la ministre de la justice, «la Suisse ne doit pas décider seule d'accueillir des ex-détenus de Guantanamo, mais si une solution européenne se dessine, nous n'excluons pas d'y participer».

L'Office fédéral des migrations (ODM) avait rejeté en novembre les demandes d'asile déposées par un Libyen, un Chinois et un Algérien. Washington veut les relâcher car aucune charge n'a été retenue contre eux.

Ces requêtes «ne répondaient pas aux critères de notre loi sur l'asile», relève Mme Widmer-Schlumpf, selon laquelle «ces personnes auraient pu être accueillies ailleurs». AI soutient un recours contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral.

Plus de 50 détenus en attente

Plus de 50 détenus attendent la libération qu'on leur a promise. Ces prisonniers - provenant notamment d'Algérie, de Chine, d'Irak, de Libye, de Russie ou de Tunisie - ne sont pas soupçonnés de lien avec le terrorisme. Sans l'aide d'un Etat tiers qui accepte de les prendre sur son territoire, ces hommes resteront en détention, déplore Amnesty.

Le camp de Guantanamo, sur l'île de Cuba, a reçu ces premiers combattants le 11 février 2002. Depuis lors, près de 800 personnes y ont été détenues, la plupart sans inculpation ni jugement. Environ 250 détenus, dont une centaine de Yéménites, y sont actuellement incarcérés.

Le camp est devenu le symbole des aspects les plus controversés de la guerre contre le terrorisme lancée par l'administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001. Barack Obama n'a pas exclut dimanche de poursuivre en justice des responsables de l'actuelle administration qui auraient commis des abus dans la guerre contre le terrorisme.

(ats)

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