Actualisé 08.10.2012 à 06:01

RwandaAmnesty dénonce des cas de tortures de civils

Amnesty International accuse Kigali d'avoir illégalement maintenu en détention sans inculpation ni jugement des dizaines de civils. D'autres allégations crédibles font état d'actes de tortures.

Amnesty International (AI) accuse les services de renseignements militaires rwandais d'être responsables d'actes de torture, de détentions illégales et de disparitions forcées de civils, dans un rapport publié lundi. Le Rwanda avait aussi été épinglé dans un rapport de l'ONG Human Rights Watch.

L'association de défense des droits de l'homme met en cause le J2, un département des services de renseignements de l'armée. AI l'accuse d'avoir torturé des civils en ayant recours aux chocs électriques, en les frappant ou par privation sensorielle, pour les forcer à parler. L'ONG accuse aussi le J2 de maintenir des civils dans des centre de détention militaires pendant des mois sans inculpation ni procès.

Détentions illégales

Dans son rapport, Amnesty dit avoir des informations étayées sur 45 cas de détention illégales et 18 cas de tortures ou de mauvais traitements dans un camp militaire et dans d'autres lieux à Kigali entre mars 2010 et juin 2012. Le ministère rwandais de la Justice a reconnu dimanche certaines détentions illégales, mais affirme que ces exactions ont été traitées par la justice «qui a immédiatement mis en place les mesures de correction nécessaires».

Le ministère n'a pas répondu directement aux accusations de tortures détaillées dans le rapport d'Amnesty. Il s'est borné à dire que ces allégations faisaient «l'objet d'enquêtes via les canaux établis et [étaient] traitées avec le plus grand sérieux.»

Soutien à la RDC

Le mois dernier, un rapport d'une autre ONG, Human Rights Watch (HRW), a accusé le Rwanda de soutenir la rébellion en République démocratique du Congo voisine. HRW accusé les rebelles du M23 d'être responsables de graves crimes de guerre, notamment de viols et de meurtres.

Le Rwanda a toujours démenti avoir un lien avec le M23 mais de nombreux donateurs occidentaux ont suspendu leur aide après un rapport des Nations unies affirmant que les autorités rwandaises fournissaient des armes et un soutien logistique aux rebelles. (ats)

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