Actualisé 27.05.2009 à 19:00

Selon un rapportAmnesty International égratigne la Suisse

La Suisse n'est pas blanche comme neige en ce qui concerne les droits humains, constate Amnesty International.

Son rapport annuel, dévoilé mercredi, dénonce notamment la politique d'asile de la Suisse.

Les droits humains sont malmenés en Suisse, et la situation y a empiré depuis l'année dernière: la nouvelle législation est pointée du doigt car, avec une application trop restrictive, «elles restreignent les droits des requérants d'asile et des migrants en situation irrégulière», selon Denise Graf, coordinatrice asile de la section suisse.

Devant la presse, cette dernière a notamment évoqué le cas du droit au mariage, qui n'est plus accordé aux clandestins et aux requérants d'asile déboutés. Après le National, le Conseil des Etats a décidé cette semaine de restreindre la législation afin de lutter contre les mariages arrangés.

La nouvelle loi sur l'asile est également dans le viseur de l'ONG, car «elle va jusqu'à remettre en cause la définition de réfugié». Les déserteurs en provenance de pays en conflit ne pourront ainsi plus être reconnus comme réfugiés sur la base de leur refus de service.

Appel pour le respect des droits humains

L'ONG a lancé mercredi un appel aux autorités suisses pour qu'elles rendent le droit d'asile conforme aux droits humains. L'organisation note également l'absence d'une institution fédérale des droits humains, qui en garantirait le respect sur le territoire suisse.

Amnesty International souligne également la misère que subissent les requérants d'asile. La section suisse désire notamment que les droits économiques et sociaux soient reconnus par la Confédération: «Concrètement, nous allons nous engager pour que la Suisse ratifie enfin la Charte sociale européenne» a déclaré Bruno Riesen, directeur de campagne.

«Campagne discriminatoire»

Le rapport d'Amnesty International sur la Suisse fustige également «certaines déclarations politiques qui favorisent la discrimination raciale». L'ONG évoque par ces mots la campagne contre les minarets, qu'elle juge «anticonstitutionnelle et discriminatoire». (ats)

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