24.01.2019 à 23:18

Droits de l'Homme

Amnesty s'inquiète pour les opposants égyptiens

L'Egypte est «plus dangereuse» que jamais pour ses opposants, s'alarme l'ONG Amnesty International.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 13 janvier 2019.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 13 janvier 2019.

AFP

L'intensification de la répression contre les opposants a rendu l'Egypte «plus dangereuse» que jamais pour les personnes osant critiquer pacifiquement le pouvoir, a estimé jeudi Amnesty International. L'ONG a lancé ce cri d'alarme à la veille du 8e anniversaire du soulèvement populaire déclenché le 25 janvier 2011.

Il avait abouti au départ du président Hosni Moubarak, lors du printemps arabe. Selon Amnesty, les autorités égyptiennes ont arrêté au moins 113 personnes en 2018, parce qu'elles avaient «exprimé pacifiquement leur opinion».

«Sous l'administration du président Abdel Fattah al-Sissi, l'Egypte est devenue une prison à ciel ouvert pour les dissidents», a encore déploré l'ONG. Dans une récente interview accordée à la chaîne américaine CBS, M. Sissi avait nié que l'Egypte détienne des prisonniers politiques.

Son régime est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent la répression d'opposants laïques ou de gauche tout comme les poursuites contre les partisans islamistes de la confrérie, aujourd'hui interdite, des Frères musulmans.

Surveillance des réseaux sociaux

Outre les arrestations de plus en plus nombreuses de militants des droits fondamentaux, l'Egypte a adopté une loi permettant aux autorités de surveiller les comptes les plus populaires sur les réseaux sociaux et de les bloquer si elles estiment qu'ils diffusent de «fausses informations».

Pour les défenseurs de la liberté d'expression, ces mesures visent à restreindre les libertés sur Internet, le seul espace où des voix critiques pouvaient encore s'exprimer contre le régime Sissi. Les autorités rétorquent que ces mesures sont nécessaires pour la lutte antiterroriste.

Abdel Fattah al-Sissi est arrivé au pouvoir après la destitution en 2013 par l'armée, dont il était alors le chef, du président islamiste démocratiquement élu Mohamed Morsi. Il a été élu pour un deuxième mandat de président en mars 2018, en l'absence de rival de poids. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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