Amos Gitaï, mal-aimé par les siens Hommage à Chahine
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Amos Gitaï, mal-aimé par les siens Hommage à Chahine

Le réalisateur israélien a reçu hier le Léopard d'honneur sur la Piazza Grande.

«Amos Gitaï est l'un des plus grands cinéastes vivants.» C'est ainsi que le directeur artistique du Festival de Locarno, Frédéric Maire, a présenté hier le cinéaste à la presse. L'occasion de (re)découvrir le réalisateur israélien. Il est impossible d'évoquer Amos Gitaï, personnage engagé, sans penser à ses origines israéliennes. Lui-même ne souhaite d'ailleurs pas que ça change: «Les plus grands cinéastes traitent de leur propre culture. Je cherche à rendre compte des contradictions installées depuis soixante ans dans mon pays, et basta!» Et pourtant c'est en Israël que l'homme est le plus controversé. Des films comme «Kadosh», sur la femme dans l'orthodoxie juive, ou «Kippour», sur la guerre israélo-arabe du même nom, ont été très mal perçus par les Israéliens. «Que je ne sois pas apprécié dans mon pays est légitime. Je parle de sujets sensibles. Quand un réalisateur pose les bonnes questions, son pays n'a pas forcément envie de l'entendre. Les réserves des Israéliens sont finalement une bonne chose, cela fait partie d'un dialogue.» Hier soir, après la remise du Léopard d'honneur, les festivaliers ont pu découvrir le dernier film du réalisateur, «Plus tard tu comprendras», réalisé en France et en français. C'est la première tentative de Gitaï en dehors des frontières israéliennes. Peut-être alors touchera-t-il enfin ses compatriotes.

Winnie Covo

Très controversé dans son pays, le metteur en scène israélien a été honoré hier à Locarno. epa

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