Tribunal de Zoug: Amour, argent, complot: procès digne d'un thriller
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Tribunal de ZougAmour, argent, complot: procès digne d'un thriller

Un couple d'amants est accusé d'avoir tenté d'empoisonner à petit feu le mari de madame, pour s'en débarrasser et hériter de sa fortune. Ils ont été trahis par leur conversation WhatsApp.

par
rmf/dag
C'est au tribunal correctionnel de Zoug que ce procès rocambolesque se tient ces jours.

C'est au tribunal correctionnel de Zoug que ce procès rocambolesque se tient ces jours.

20 Minuten

L'affaire jugée en ce moment au tribunal correctionnel de Zoug est digne d'un téléfilm. Les milliers de messages d'une conversation WhatsApp permettent de suivre les conspirations d'un couple d'amants accusés d'avoir comploté pour tuer le mari de la femme, afin de s'en débarrasser et de pouvoir hériter de sa fortune.

«Un plan perfide»

«Il y aurait assez de matière pour réaliser un thriller télévisé», déclare le procureur dans son plaidoyer. Les deux accusés, une femme de 39 ans et son amant de 46 ans, avaient mis sur pied «un plan perfide» destiné à empoisonner à petit feu le mari de madame, âgé de 51 ans.

Pendant une année, le Roumain avait eu contact avec une infirmière qui lui avait fourni divers médicaments. La femme les avait donc mélangé dans les boissons de son mari à des doses toujours plus élevées. L'homme suivait déjà des traitements pour des problèmes de foie en raison de sa consommation d'alcool. Une analyse capillaire réalisée par l'institut de médecine légale de Zurich a révélé des concentrations de médicaments bien trop élevées par rapport à la prise de médicaments.

Complot via WhatsApp

Le plan a finalement été déjoué «parce que les accusés étaient trop gourmands», explique le procureur. L'épouse avait en effet donné les détails de la carte de crédit de son époux à son amant, qui avait donc dépensé des milliers de francs. Une plainte contre inconnu avait été déposée, et les enquêteurs avaient retrouvé l'homme en question, un entrepreneur en restauration venu de Roumanie.

Il expliquait avoir le droit d'utiliser la carte, prenant pour preuve divers messages WhatsApp sur son téléphone. En fouillant la conversation, le complot était devenu clair. Certains messages découverts par les enquêteurs sont explicites. Lorsque l'amant annonçait qu'il pourrait peut-être avoir accès à un produit utilisé par les associations de suicide assisté, son amante répondait «Wowwwww! Cooool!».

Déni des accusés

Malgré ces preuves accablantes, le couple a nié le projet de meurtre devant le tribunal zougois. La femme explique vouloir avoir «des cartes en mains» contre l'autre accusé «au cas où il arriverait quelque chose à son mari ». L'amant, lui, soutient qu'il tentait d'aider la femme à apaiser son mari.

Pour le procureur, «tout a été fait pour provoquer la mort» de l'homme de 51 ans, et le complot est tombé à plat seulement par hasard. Il requiert des peines de prison de 10 ans pour tentative de meurtre pour chacun des accusés, assortis de peines de 5 ans pour préparatifs de meurtre. Il demande aussi des peines pécuniaires pour fraudes et plusieurs autres infractions. Verdict prévu le 12 décembre.

A noter que le mari, sérieusement diminué au niveau de sa santé, est toujours avec sa femme. Il l'a d'ailleurs défendue lors du procès.

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