Actualisé 10.01.2012 à 16:21

«J. Edgar»Amour, gloire et puissance

Avec «J. Edgar», Clint Eastwood dresse le portrait d'une des figures les plus controversées de l'histoire des Etats-Unis.

de
Fred Ferrari

50 ans de la carrière de John Edgar Hoover en 2 heures 15.

John Edgar Hoover. Né en 1895, directeur du FBI de 1924 à sa mort en 1972, célibataire endurci. S'il est un personnage fascinant et énigmatique dans l'histoire du XXe siècle, c'est bien lui. Imaginez: ce type, convaincu qu'il fallait remettre de l'ordre dans une Amérique qui partait à vau-l'eau, réussit à imposer sa vision de la sécurité nationale à tout un pays, à huit présidents, pendant près d'un demi-siècle.

L'individu avant l'Histoire

Il est clair, à la manière dont Clint Eastwood le filme, que le réalisateur de «Gran Torino» n'est pas insensible à la vision qui habitait Hoover et à l'énergie mise en œuvre pour la concrétiser. Mais c'est surtout à l'individu que s'intéresse «J. Edgar» (le titre ne retient d'ailleurs pas son patronyme). De sorte que le film passe sur les détails factuels des affaires qui émaillèrent la carrière de Hoover comme un étudiant appliqué rédige un devoir. Le meilleur de «J. Edgar» est dans le portrait glaçant d'un personnage bouillant mais sclérosé dans son obsession de tout contrôler, sa vision manichéenne du bien et du mal, sa frustration sexuelle, et sa solitude née des abus de pouvoir.

Un rôle à Oscar pour DiCaprio?

Dans le rôle-titre, Leonardo DiCaprio bardé de prothèses qui le vieillissent tout en l'emprisonnant (Eastwood n'a pas recouru aux retouches numériques), réussit le genre de composition qui peut faire mouche aux Oscars. A moins que la veine naturaliste d'autres films et d'autres acteurs (Michael Fassbender dans «Shame») ne lui chipent finalement la vedette. Ce qui ne serait guère étonnant

«J. Edgar»

De Clint Eastwood. Avec Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts.

Sortie le 11 janvier 2012.

**

Clint Eastwood en neuf films

Toutes les occasions sont bonnes pour revoir les films réalisés par Clint Eastwood. La dernière en date est le programme de 9 titres, de «Breezy» à «Lettres d’Iwo Jima», concocté par les Cinémas du Grütli à l’occasion de l’inauguration de leurs nouvelles installations techniques. Sera aussi projeté «Clint Eastwood, le franc-tireur» de Michael H Wilson, dont le prochain film, consacré à Mandela («Reconciliation», sortie le 1er février), intègre de nombreuses images du tournage d’«Invictus».

«Clint Eastwood»

Du 11 au 17 janvier 2012

Genève, Les Cinémas du Grütli.

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