France – Ancienne victime d’erreur judiciaire, il écope de 16 ans de prison pour viol
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FranceAncienne victime d’erreur judiciaire, il écope de 16 ans de prison pour viol

Marc Machin, condamné en 2004 pour un meurtre qu’il n’avait pas commis avant d’être blanchi par la justice, a été reconnu coupable jeudi de l’agression sexuelle d’une jeune femme en 2018.

Marc Machin (photographié ici en 2012) a été condamné à tort du meurtre d’une femme au début des années 2000. Depuis sa sortie de prison, il a multiplié les condamnations pour des crimes qu’il a, cette fois, bien commis, dont plusieurs agressions sexuelles.

Marc Machin (photographié ici en 2012) a été condamné à tort du meurtre d’une femme au début des années 2000. Depuis sa sortie de prison, il a multiplié les condamnations pour des crimes qu’il a, cette fois, bien commis, dont plusieurs agressions sexuelles.

AFP

Marc Machin, ancienne victime d’erreur judiciaire, a été condamné jeudi par la Cour d’assises de Paris à seize ans de réclusion criminelle pour le viol d’une jeune femme sous la menace d’une arme en 2018.

La cour a assorti cette peine d’une période de sûreté de huit ans et ordonné une mesure de suivi sociojudiciaire pendant cinq ans. Marc Machin a en outre été condamné à verser 25’000 euros de dommages et intérêts à la victime.

Dans le box, sweat-shirt blanc, carrure imposante, Marc Machin a semblé accuser le coup à l’énoncé de la peine, laissant échapper ensuite quelques larmes.

Dans sa motivation, «la cour a tenu compte de la gravité des faits» qui «ont entraîné un traumatisme extrêmement important pour la victime», ainsi que de deux précédentes condamnations de Marc Machin pour agressions sexuelles, a expliqué le président David Hill.

«Ma cliente est soulagée que ce soit terminé», a déclaré l’avocate de la partie civile, Me Audrey Dufau.

Trahi par son ADN

«Compte tenu du profil très particulier de l’accusé, cette peine semble faire la part des choses», a estimé Me Adrien Gabeaud, qui défend Marc Machin avec Me Élise Arfi.

Marc Machin, 39 ans, était jugé depuis lundi pour viol commis sous la menace d’une arme, extorsion avec arme, escroquerie, vol et violation de domicile.

Son procès s’est tenu à huis clos à la demande de la partie civile. Cette dernière, alors âgée de 22 ans, avait dénoncé le 21 avril 2018 à la police le viol dont elle avait été victime le matin même dans un appartement à Paris par un homme encagoulé qui la menaçait d’un couteau de cuisine, avant de la contraindre à effacer les traces du crime et de dérober sa carte bleue.

Confondu par son ADN, Marc Machin avait fini par reconnaître les faits en garde à vue.

Condamné à tort, il est acquitté à son procès en révision

Marc Machin a passé à tort six ans et demi en prison pour l’affaire du Pont de Neuilly. Incarcéré en 2001 à l’âge de 19 ans, il avait été condamné trois ans plus tard à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre à coups de couteau de Marie-Agnès Bedot, une peine confirmée en appel.

Mais en mars 2008, un homme sans domicile fixe de 33 ans, David Sagno, s’est accusé de ce meurtre et de celui d’une autre femme commis au même endroit en 2002, ce qui a conduit à la libération de Marc Machin.

En 2012, ce dernier a fini par être acquitté à l’issue de son procès en révision, devenant la huitième personne en France depuis la Seconde Guerre mondiale à être innocentée à l’issue d’une telle procédure.

La justice lui a alors attribué 663’320 euros d’indemnisation.

Depuis sa sortie de prison en 2008, Marc Machin a accumulé les condamnations, une quinzaine au total, qui lui ont valu pour certaines d’être réincarcéré.

(AFP)

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