Actualisé 29.07.2014 à 14:24

«La Planète des singes»

Andy Serkis dans la peau de César

«La planète des singes» de 2014 orchestre le grand affrontement amorcé en 2011 dans «Les origines». Et Andy Serkis est à nouveau de la partie dans le rôle de César. Interview.

de
Gabriel Lecomte

Alors qu'on salue votre performance dans ce film, avez-vous le sentiment aujourd'hui d'être enfin reconnu à votre juste valeur?

Je pense qu'on comprend mieux à présent ce qu'est la «performance capture», surtout parce que d'autres acteurs en font aussi. Avant, j'en étais un peu le porte-drapeau mais maintenant c'est juste devenu un outil comme un autre pour tous les acteurs.

Est-ce que cela a été frustrant pour vous d'être longtemps assimilé aux effets spéciaux d'un film plutôt que d'être reconnu pour votre jeu d'acteur?

Oui, et il y a des gens qui me demandent encore si j'ai doublé la voix de Gollum ou de César. C'est d'autant plus cocasse que César ne parlait même pas dans «La Planète des singes:Les origines»! C'est toujours difficile pour certains, même dans l'industrie du cinéma, de comprendre que je ne suis pas juste filmé pour servir de point de référence à l'équipe des effets spéciaux mais bien pour fournir une performance d'acteur.

Comment vous êtes-vous glissé dans la peau d'un singe?

Pour «King Kong», j'avais étudié pendant des mois les gorilles dans des zoos et dans la nature, au Rwanda. César est un chimpanzé, j'ai donc bien-sûr observé son espèce mais il ne faut pas oublier qu'on lui a administré une drogue qui a accéléré son évolution. Par conséquent, j'ai abordé le personnage comme s'il était un humain dans la peau d'un singe.

Quel aspect du rôle a été le plus ardu?

Dès le premier film, je savais que César allait plus tard parler comme un humain. Au départ, il communique avec le regard, les gestes, le langage des signes. Mon plus grand souci était que les gens trouvent invraisemblable qu'il finisse par parler autant si rapidement. Je me demande d'ailleurs comment il va s'exprimer dans le troisième volet!

Les primates ne sont pas meilleurs que les humains

Le titre français de «Dawn of the planet of the apes», «La planète des singes: l'affrontement», est trompeur. Il n'y pas qu'un seul affrontement dans le film. Le plus évident oppose hommes et singes. Les premiers ont été décimés par un virus (le générique offre un raccourci exemplaire du processus: épidémie, quarantaine, émeutes, effondrement social). Les rares rescapés vivent dans une ville en ruines. De leur côté, les singes, dont le degré d'évolution n'a désormais pas grand-chose à envier à celui des humains, ont proliféré dans la forêt. Et ils ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée de quelques hommes sur leur territoire...

L'autre affrontement oppose bellicistes et pacifistes dans le clan des humains comme dans celui des primates, créant un climat anxiogène tout au long du film. Cela dit, une fois les forces en présence posées, «L'affrontement» s'éternise sur une bataille somme toute assez banale, dont le seul intérêt réside dans la réussite de l'anthropomorphisme. La crédibilité de César doué de raison et de parole est totale. On s'identifie tant à lui qu'on n'aurait guère été étonné de l'entendre s'exclamer, à l'instar de Jules César se découvrant trahi par son propre fils: «Tu quoque, mi fili!»

- CMA

«La planète des singes: l'affrontement»

De Matt Reeves. Avec Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman.

Sortie le 30 juillet 2014.

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