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Angela Merkel reçoit le Dalaï Lama

Pékin a manifesté son mécontentement devant cette rencontre.

Elle semble témoigner d'une volonté de la chancelière allemande de ne pas laisser de côté les sujets qui fâchent dans sa relation avec la Chine.

Angela Merkel et le chef spirituel du bouddhisme tibétain en exil ont posé pour les photographes dans les bureaux de la chancellerie, mais n'ont pas fait de déclarations à la presse.

Le Dalaï Lama avait déjà rencontré Angela Merkel quand elle était à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) alors dans l'opposition. «Elle a maintenu de vieilles amitiés alors -je- suis très content», a-t-il dit à sa sortie devant une foule de badauds et admirateurs.

C'est la première fois que le Dalaï Lama est reçu à la chancellerie allemande. Jeudi, le prix Nobel de la paix 1989 avait été reçu à Vienne par le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer.

Les autorités allemandes ont qualifié la visite -la première du guide spirituel tibétain à la chancellerie allemande- de rencontre privée avec un chef religieux qui n'a aucun rapport avec les relations sino-allemandes.

Signe du déplaisir chinois, l'ambassadeur d'Allemagne en Chine a été convoqué au début du mois au ministère des Affaires étrangères à Pékin. La porte-parole du ministère Jiang Yu avait rapporté que Pékin avait expliqué à l'Allemagne sa position sur le Dalaï Lama accusé d'utiliser la religion à des fins politiques et de mener des «activités sécessionnistes».

Autre signe de tension, la Chine, invoquant des «raisons techniques, a annulé une réunion bilatérale prévue dimanche à Munich à laquelle devait participer la ministre allemande de la Justice Brigitte Zypries.

Si les entreprises allemandes convoitent l'immense marché chinois, Angela Merkel n'en a pas moins abordé des sujets sensibles, soulevant la question des droits de l'Homme en Chine, récemment lors d'une visite dans le pays il y a un mois.

Aujourd'hui, âgé de 72 ans, le Dalaï Lama a fui en Inde lors du soulèvement manqué de 1959 contre l'occupation chinoise du Tibet. Le chef spirituel des bouddhistes tibétains reste très populaire au Tibet et respecté dans le monde. Accusé par Pékin de militer pour l'indépendance du Tibet, il dit souhaiter aujourd'hui une autonomie du territoire himalayen. (ap)

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