Actualisé 25.12.2014 à 21:21

IrakAnkara et Bagdad se liguent contre l'EI

La Turquie et l'Irak se sont engagés à renforcer leur coopération militaire face à l'Etat islamique (EI), à l'occasion d'une visite du Premier ministre irakien à Ankara.

1 / 448
29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

Osamah Waheeb
31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

Keystone/AP
24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

Thaier Al-sudani

S'adressant à la presse en compagnie de son homologue irakien, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a promis d'accroître l'aide militaire allouée à Bagdad. Haïdar al Abadi a quant à lui laissé entendre qu'Ankara pourrait fournir des armes à l'Irak.

L'aide de la Turquie à la formation des peshmergas kurdes pourrait en outre être étendue à la garde nationale irakienne, a ajouté son hôte. «Nos ministères de la Défense vont étudier la chose de plus près. Nous avons déjà fourni une aide en termes de formation militaire. Nous sommes prêts à en apporter davantage dans ce domaine», a déclaré M. Davutoglu.

Avec l'appui aérien de la coalition formée à l'initiative des Etats-Unis, les peshmergas ont brisé cette semaine le siège du mont Sindjar, dans l'ouest de l'Irak, où plusieurs centaines de Yazidis étaient retenus depuis des mois. Haïdar al Abadi a assuré que l'Etat islamique perdait du terrain.

Crainte du PKK

La Turquie et l'Irak partagent «une conception commune pour combattre toutes les organisations terroristes dans la région», a encore dit M. Davutoglu a, mentionnant l'EI, mais aussi le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 la guérilla sur le sol turc.

M. Davutoglu a accusé les rebelles du PKK de lancer «des attaques contre la Turquie en utilisant le territoire irakien». Sur ce sujet, la politique turque s'oppose frontalement à celle des Etats-Unis et des Occidentaux, qui ont fait des jihadistes de l'EI leur principal ennemi, alors qu'Ankara semble principalement s'inquiéter de l'activité des mouvements kurdes, aussi bien turcs que syriens.

Accord sur le pétrole

Les relations entre Ankara et Bagdad se sont améliorées depuis l'arrivée de M. al Abadi aux affaires, en septembre. Son prédécesseur Nouri al Maliki, reçu en 2010 en Turquie, reprochait à Ankara ses liens avec le Kurdistan irakien autonome.

Les gisements pétroliers de la région étaient alors au centre d'un âpre contentieux avec Bagdad. Un accord sur la répartition des revenus qu'ils produisent a été conclu depuis.

Contrairement à Nouri al Maliki, Haïdar al Abadi est favorable à une augmentation des exportations de pétrole via l'oléoduc construit à l'initiative du gouvernement autonome kurde qui traverse la Turquie. «Nous aimerions renforcer cet accord et poursuivre ces exportations via la Turquie. C'est dans l'intérêt de l'Irak», a souligné le Premier ministre. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!