20.02.2016 à 23:04

Attentat sanglantAnkara veut renforcer les mesures de sécurité

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a rejeté la revendication par un mouvement dissident kurde de l'attentat à la voiture piégée qui a tué 28 personnes au centre d'Ankara.

Les obsèques nationales aux victimes de l'attentat d'Ankara.

Les obsèques nationales aux victimes de l'attentat d'Ankara.

photo: AFP

La Turquie va adopter de nouvelles mesures de sécurité après l'attentat à la voiture piégée qui a tué 28 personnes jeudi dans le centre d'Ankara.

Le premier ministre Ahmet Davutoglu a en outre rejeté la revendication par un mouvement dissident kurde.

«Nous allons vers des modifications d'envergure en matière de sécurité», a déclaré M. Davutoglu au terme d'une réunion de cinq heures à Ankara avec les responsables de la sécurité nationale, évoquant un «plan d'action» anti-terroriste. M. Davutolgu a notamment indiqué que le nombre de forces de l'ordre serait augmenté et rendues «plus visibles».

Il a aussi appelé tous les Turcs à les aider. «Les organisations terroristes cherchent à provoquer un traumatisme et le chaos au sein de la population. Nous devons tous prêter assistance aux forces de sécurité. Aucun concept sécuritaire ne peut réussir sans le soutien du peuple», a estimé le chef du gouvernement islamo-conservateur.

«Collaboration» avec le PKK

Ahmet Davutoglu a en outre rejeté la revendication par un mouvement radical kurde armé de l'attentat meurtrier. Il a assuré que l'attaque avait été commise en collaboration avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), que l'artillerie turque bombarde depuis une semaine.

«Il a été très clairement déterminé que cet attentat terroriste est l'oeuvre du PKK-YPG», a-t-il dit. Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe dissident du PKK, a revendiqué vendredi l'attentat d'Ankara et mis en garde contre les risques de nouvelles attaques en Turquie.

Tensions avec Washington

Dans ce contexte, Ahmet Davutoglu a de nouveau critiqué le soutien des Etats-Unis aux combattants kurdes de Syrie et a appelé Washington à «être solidaire de la Turquie dans sa lutte contre le terrorisme». «La seule chose que nous attendons de la part des Etats-Unis, d'un allié, c'est d'être solidaire de la Turquie, car il y a une menace contre la sécurité de notre pays», a-t-il insisté.

Il a cependant émis l'espoir que les deux alliés de l'OTAN pouvaient à terme trouver un terrain d'entente. Le soutien américain aux YPG, en première ligne dans le combat contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, suscite de vives tensions entre Turquie et Etats-Unis.

Ankara considère le Parti de l'union démocratique (PYD), dont les YPG sont le bras armé, comme un groupe «terroriste», car lié au PKK qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur son sol. Le président américain Barack Obama s'est entretenu par téléphone vendredi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, appelant Ankara et les YPG à «faire preuve de retenue» dans le nord de la Syrie. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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