Syrie: Annan et El-Arabi lancent un appel à l'unité
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SyrieAnnan et El-Arabi lancent un appel à l'unité

L'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan et le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil El-Arabi se sont rencontrés mardi à Genève d'où ils ont lancé un appel à l'unité.

Le Conseil de sécurité de l'ONU examinait mardi un projet de déclaration appelant à des «mesures supplémentaires» si la Syrie n'accepte pas les propositions de médiation de Kofi Annan. La Russie s'est dite prête à soutenir le texte à condition que celui-ci ne constitue pas un «ultimatum».

La France a proposé au Conseil de sécurité une déclaration - une prise de position adoptée par consensus qui a moins de poids qu'une résolution - Moscou et Pékin ayant déjà opposé leur veto à toute résolution condamnant la répression menée par le régime du président Bachar al-Assad.

Il s'agit d'»obtenir une cessation des violences dès que possible, un cessez-le-feu, ensuite permettre l'accès de l'aide humanitaire (...) et poursuivre le processus politique car on ne peut pas confisquer l'aspiration démocratique du peuple syrien», a expliqué le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

S'il adopte cette déclaration, le Conseil s'engage à «considérer des mesures supplémentaires» si les propositions de médiation de Kofi Annan, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, ne sont pas mises en place sous sept jours. Le type de mesures n'a pas été précisé.

Présent à Genève mardi, M. Annan y a rencontré le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil El-Arabi pour discuter des efforts internationaux en cours. «Les deux hommes ont souligné l'importance d'un message unifié de la part de la communauté internationale», a indiqué la porte-parole de l'ONU à Genève, Corinne Momal-Vanian.

«Evolution positive»

De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré que la Russie était prête à approuver une déclaration ou une résolution visant à soutenir les efforts de M. Annan, à «deux conditions»: «Cela ne doit pas être un ultimatum du Conseil de sécurité (...) mais une base de travail permettant de poursuivre les efforts entrepris et de trouver un accord entre le gouvernement syrien et tous les groupes de l'opposition», a-t-il dit.

La seconde condition est la publication du plan de Kofi Annan, qui plaide en faveur d'un cessez-le-feu, de l'envoi d'observateurs et d'un dialogue politique entre le gouvernement et l'opposition.

A l'issue d'une rencontre entre M. Lavrov et le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Jakob Kellenberger lundi, Moscou avait «souligné la nécessité d'assurer l'accès du CICR à toutes les personnes détenues en Syrie à la suite des actions de protestations». Paris et le département d'Etat américain ont noté une évolution positive de la position russe.

29 morts

Sur le terrain, les troupes poursuivaient leurs opérations, provoquant la mort d'au moins 29 civils mardi. Des combats sporadiques ont ainsi opposé à l'aube des soldats de l'armée régulière aux déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) au coeur même de Damas, selon des militants.

Dans la province de Homs (centre), 21 civils dont trois enfants, ont été tués par des balles et des tirs de roquettes. Un civil a été tué à Hama, plus au nord, également par des tirs de mitrailleuse et une dizaine de personnes ont été blessées dans plusieurs quartiers de la ville, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Au nord, dans la province d'Alep, un homme a été tué par un franc- tireur, et quatre civils ont été abattus dans la région d'Idleb (nord-ouest).

Depuis le 15 mars 2011, la répression de la contestation populaire menée par le régime d'Assad a fait plus de 9000 morts, selon l'OSDH.

Exactions d'opposants

Par ailleurs, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé pour la première fois mardi de graves violations des droits de l'homme commises par l'opposition syrienne armée.

«La stratégie brutale du gouvernement syrien ne peut justifier les abus commis par les groupes d'opposition armés», a affirmé Sarah Leah Whitson, directrice de l'ONG pour le Moyen Orient, dénonçant des exactions commises pour des motifs confessionnels.

Depuis lundi, les cinq experts mandatés par Kofi Annan sont en Syrie pour négocier la mise en place d'une mission d'observation dans le but de faire cesser ces «tueries».

(ats)

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