Actualisé 07.10.2010 à 09:43

LittératureAnne-Lise Grobéty est décédée

L'écrivaine neuchâteloise Anne-Lise Grobéty est décédée mardi dernier à l'âge de 60 ans.

L'écrivaine neuchâteloise Anne-Lise Grobéty est décédée mardi matin (avant-hier) dans un hôpital de Neuchâtel dans sa 61e année des suites d'un cancer. Poète, romancière et nouvelliste, Anne-Lise Grobéty avait reçu de nombreux prix littéraires en Suisse et à Paris.

La Neuchâteloise avait reçu le Prix Georges Nicole pour ce premier récit intitulé «Pour mourir en février» (1970). Elle était considérée comme l'une des auteures les plus importantes de Suisse romande depuis la sortie de ses romans «Zéro positif» (1975) et «Infiniment plus» (1989), tous deux traduits en allemand.

Grande dame

«C'était une grande dame de la littérature romande», a dit jeudi à l'ATS son éditeur Bernard Campiche, qui s'apprête à publier en poche son premier roman. «Ce week-end, je lui avais envoyé des mails restés sans réponse. J'étais très inquiet».

L'écrivaine, qui vivait entre La Chaux-du-Milieu (NE) et Evolène (VS), avait aussi publié des poèmes et des recueils de nouvelles comme «La Fiancée d'Hiver» ou «Belle Dame qui mord». Avec «Le Temps des mots à voix basse» (2001), elle avait fait une incursion réussie et remarquée dans le domaine de la littérature de jeunesse.

En 2002, elle avait reçu le Grand Prix C.F. Ramuz pour l'ensemble de son oeuvre. Pour Bernard Campiche, elle avait «un peu pris la place de Corinna Bille, qu'elle avait d'ailleurs connue».

Journalisme et politique

Anne-Lise Grobéty a vu le jour à La Chaux-de-Fond en décembre 1949, une ville où elle a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. Après le succès de son premier livre, elle a entrepris des études de Lettres à l'Université de Neuchâtel avant de se lancer dans le journalisme.

Dès 1973, elle s'est engagée en politique, devenant députée socialiste au Grand Conseil neuchâtelois où elle a siégé neuf ans, une période qu'elle a aussi consacrée à élever ses trois filles. Elle avait renoué avec l'écriture depuis 1984.

Trois vies

«Elle a eu trois vies: une vie de femme, une vie de mère et une vie d'écrivaine. Elle laissait parfois passer huit à dix ans entre ses livres. Prise par ses autres activités, elle mettait un peu l'écriture en réserve», a expliqué Bernard Campiche.

Pour l'éditeur, «La Corde de mi» est l'un des romans les plus importants de ces dernières années en Suisse romande. Cet été, Anne- Lise Grobéty mettait la dernière main à un nouvel ouvrage, très différent de ce qu'elle avait écrit jusqu'ici.

Le livre se passe au Moyen-Age. «Il raconte l'histoire d'un preneur d'humeurs, c'est-à-dire un preneur de selles, du roi». C'était original, mais elle espérait que ce ne soit pas son dernier livre», a-t-il confié. (ats/ap)

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