Oscars - Anthony Hopkins, du tueur cannibale au vieil homme fragile
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OscarsAnthony Hopkins, du tueur cannibale au vieil homme fragile

A 83 ans, l’acteur anglo-américain devient l'acteur le plus âgé à recevoir l’Oscar du meilleur acteur, près de 30 ans après son Oscar pour son rôle tueur en série dans «Le silence des agneaux».

par
Christine Talos
En six décennies, Anthony Hopkins a incarné des personnages aussi divers qu'un roi d'Angleterre, un Premier ministre britannique, deux présidents des Etats-Unis, Hitler, Danton, Yitzhak Rabin, Charles Dickens, Pablo Picasso ou encore Alfred Hitchcock.

En six décennies, Anthony Hopkins a incarné des personnages aussi divers qu'un roi d'Angleterre, un Premier ministre britannique, deux présidents des Etats-Unis, Hitler, Danton, Yitzhak Rabin, Charles Dickens, Pablo Picasso ou encore Alfred Hitchcock.

AFP

Tour à tour tueur cannibale, pape ou président des Etats-Unis, le talentueux Anthony Hopkins a reçu dimanche l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans «The Father», une distinction de plus pour cette légende du septième art.

A 83 ans, il devient l'acteur le plus âgé à recevoir cette récompense, près de trois décennies après son Oscar du meilleur acteur pour sa performance glaçante de tueur en série dans «Le silence des agneaux» de Jonathan Demme, en 1992. Absent lors de la cérémonie, il a cette fois été couronné pour son rôle de vieil homme sombrant dans la démence dans «The Father», du Français Florian Zeller, vainqueur pour ce même film de l'Oscar du meilleur scénario adapté.

Dans ce huis clos qui flirte parfois avec le thriller, sa fille, interprétée par la Britannique Olivia Colman, et d'autres membres de son entourage deviennent méconnaissables et son appartement semble lui-même se transformer. Son personnage partage son prénom, Anthony, et sa date de naissance, 31 décembre 1937.

«Ce n'était pas un problème de jouer une personne âgée, parce que je suis âgé»,, a confié le comédien de 83 ans au journal The Times. Mais le rôle, qui lui a valu le Bafta du meilleur acteur, l'a marqué. «Cela m'a rendu plus conscient de la mortalité et de la fragilité de la vie, et depuis je juge moins les gens. Nous sommes tous fragiles, nous sommes tous abîmés.»

Les derniers jours de son père

Le film lui a rappelé les derniers jours de son père. «Je savais ce qu'il ressentait à la fin. La peur. L'indicible morosité, tristesse et solitude. Nous faisons tous semblant de ne pas être seuls, mais nous sommes tous seuls. Le succès, c'est bien, c'est un moyen de survivre, mais à la fin, nous sommes tous désespérément, désespérément seuls», a-t-il dit au Times.

En six décennies de carrière au théâtre, à la télévision et au cinéma, cet acteur légendaire a incarné des personnages aussi divers qu'un roi d'Angleterre (Richard Coeur de Lion), un Premier ministre britannique (David Lloyd George), deux présidents des Etats-Unis (John Quincy Adams et Richard Nixon), Hitler, Danton, Yitzhak Rabin, Charles Dickens, Pablo Picasso et Alfred Hitchcock.

Anthony Hopkins s'est illustré dans des interprétations démoniaques mais aussi tout en retenue, comme sous la direction des Britanniques James Ivory ( «Les Vestiges du Jour») et Richard Attenborough ( «Les Ombres du coeur»). Dans «les Deux papes», il a interprété Benoît XVI, l'Allemand Joseph Ratzinger pour l'état civil, souverain pontife strict et conservateur, dialoguant avec son charismatique successeur François, joué par Jonathan Pryce.

Enfant turbulent

Egalement peintre, pianiste et compositeur reconnu, Sir Anthony (il a été anobli par la reine en 1993) a une mémoire auditive exceptionnelle, due peut-être à son oreille musicale. Né le 31 décembre 1937 à Margam, banlieue de Port Talbot (Pays de Galles) d'un père boulanger, Philip Anthony Hopkins, enfant unique, mal dans sa peau, et turbulent, s'est tourné vers le théâtre grâce à une rencontre, adolescent, avec le comédien Richard Burton, originaire du même village gallois.

Après des cours d'art dramatique, deux ans de service militaire dans la Marine et de petits rôles sur les planches, il avait été remarqué par une autre légende du cinéma, Laurence Olivier, devenant sa doublure au Royal National Theatre à Londres. Il est ensuite apparu dans de plus en plus de téléfilms, prestations récompensées par plusieurs Emmy Awards, puis au cinéma.

Après avoir vécu des années 1960 difficiles à Londres, il a immigré aux Etats-Unis et a surmonté son alcoolisme. En décembre, il s'est félicité sur Twitter d'être sobre depuis 45 ans. Naturalisé américain en 2000, il a gardé la nationalité britannique. L'acteur, réalisateur et metteur en scène aux cheveux blancs et regard bleu, vit près de l'océan à Malibu (Los Angeles), avec Stella Arroyave, sa troisième épouse, qui est âgée de 64 ans.

Frances McDormand entre dans le club des acteurs aux trois Oscars

Frances McDormand est seulement la septième à intégrer le club très fermé des acteurs aux trois Oscars, où l'on compte trois autres femmes: Meryl Streep, Ingrid Bergman et Katharine Hepburn.

Frances McDormand est seulement la septième à intégrer le club très fermé des acteurs aux trois Oscars, où l'on compte trois autres femmes: Meryl Streep, Ingrid Bergman et Katharine Hepburn.

Getty Images via AFP

Frances McDormand, vedette du film «Nomadland» a intégré dimanche soir l'élite du cinéma mondial en remportant le troisième Oscar de sa carrière pour le rôle d'une veuve sillonnant les routes américaines à bord d'un vieux camping-car, bien éloigné du glamour d'Hollywood.

Elle est seulement la septième à intégrer le club très fermé des acteurs aux trois Oscars, où l'on compte trois autres femmes: Meryl Streep, Ingrid Bergman et Katharine Hepburn, qui domine avec quatre statuettes dorées au total. «Je n'ai pas de mots», a lancé l'actrice de 63 ans en recevant la statuette dorée.

Frances McDormand s'est fait une spécialité de ces rôles de femmes éprouvées par la vie et dures au mal, essentiellement dans des films indépendants et souvent réalisés par les frères Coen (elle est mariée à Joel depuis 1984). Son personnage de Fern dans «Nomadland»ne déroge pas à la règle: elle ne parvient pas à surmonter le décès de son mari et la perte de leur logement, dans la petite ville d'Empire au Nevada, littéralement rayée de la carte lorsque sa mine de gypse a été fermée en 2011.

Une histoire tristement réelle qui symbolise celle de milliers d'autres Américains en marge de la société et de l'économie en raison de la crise économique de 2008 dite "des subprimes", qui les a contraints au nomadisme et aux petits boulots pour survivre. «C'est un formidable témoignage sur un moment très particulier de notre monde», a estimé l'actrice. «Tout le monde part sur la route».

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