Anthrax: l'étrange obsession du Dr Ivins
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Anthrax: l'étrange obsession du Dr Ivins

Une première piste éclaircit le mystère autour de Bruce Ivins, qui s'est suicidé alors qu'il venait d'être identifié comme le principal suspect dans l'affaire des lettres piégées à l'»anthrax» en 2001.

Le Dr Ivins vouait une véritable obsession à une résidence universitaire pour étudiantes située tout près de la boîte aux lettres d'où avaient été postées les missives empoisonnées dans le New Jersey, ont déclaré lundi à l'Associated Press plusieurs responsables américains.

Brillant biologiste de l'armée américaine dont l'avocat clame l'innocence, Ivins avait déjà cette obsession pour la résidence d'étudiantes Kappa Kappa Gamma lorsqu'il était lui-même étudiant à l'Université de Cincinnati, ont précisé ces responsables proches de l'enquête, ayant requis l'anonymat.

Ce lien étrange entre le suspect et cette résidence universitaire pour jeunes femmes pourrait indirectement expliquer l'un des principaux mystères entourant cette affaire: pourquoi les lettres piégées à l'anthrax avaient-elles été postées de Princeton (New Jersey) alors que la poudre mortelle avait été dérobée selon toute vraisemblance dans un laboratoire de l'armée situé à plus de 300km de là, le laboratoire de Fort Detrick où travaillait le Dr Ivins?

En fait, la boîte aux lettres d'où avaient été postées les lettres piégées à l'automne 2001, dans le sillage des attentats du 11-Septembre, se trouve à moins de 100 mètres de cette résidence universitaire.

Des e-mails et d'autres documents retrouvés récemment attestent de cette très ancienne fixation du Dr Ivins pour la résidence Kappa Kappa Gamma, selon ces mêmes responsables.

A l'automne 2001, cinq personnes étaient mortes et des dizaines d'autres avaient été hospitalisées aux Etats-Unis après avoir reçu des lettres contenant des spores du bacille de la maladie du charbon (anthrax). La fameuse poudre blanche avait notamment été envoyée au Congrès et à la presse.

Avec la mort du principal suspect, qui s'est suicidé le 29 juillet dernier alors que les procureurs s'apprêtaient à l'inculper, le département de la Justice envisage à présent de refermer le dossier et pourrait donc rendre publics les documents actuellement sous scellés qui ont permis aux procureurs de mettre en cause le Dr Ivins. (ap)

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