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Apaisement à Copenhague après deux jours d'émeute

Copenhague - La situation est devenue beaucoup plus calme à Copenhague depuis la nuit de samedi à dimanche, après deux jours d'émeutes à la suite de l'évacuation forcée d'une maison de jeunes.

La police, déployée en nombre, a dispersé plusieurs manifestations sans incidents.

Depuis le début des heurts, la police a interpellé quelque 700 personnes, dont 140 étrangers de plusieurs pays européens, notamment d'Allemagne (25), de Norvège (20) et de Suède (20) ainsi que des ressortissants des Etats-Unis, de France, de Grande- Bretagne, d'Italie et de Pologne.

La police danoise a refoulé également nombre d'Allemands aux frontières, sévèrement contrôlées, ainsi que des Suédois arrivés samedi à la gare de Copenhague.

Police massivement présente

Quelque 218 personnes ont été placées en détention préventive, dont environ 20 mineurs jetés en prison, alors que les autres continuaient un défilé marathon au tribunal de première instance de Copenhague, gardé par un important cordon policier.

Quelque 300 personnes ont encore manifesté à vélo dans le calme dimanche en fin d'après-midi. Au son des sonnettes des bicyclettes, les manifestants, jeunes, parents, enfants, portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Ungdomshuset vivra», «Halte à la violence policière», ont défilé par un soleil printanier.

Les forces de l'ordre étaient toujours massivement présentes dans les rues des quartiers de Noerrebro et de Christianshavn, théâtre des affrontements des jours et nuits précédentes.

Fourgons empruntés

Dans la nuit de samedi à dimanche, la police était parvenue à disperser sans incidents une manifestation de quelques centaines de jeunes près du hall de Noerrebro, à Noerrebro. Elle avait ensuite dispersé un autre attroupement à Christianshavn, près de l'enclave pour marginaux de Christiania où des personnes érigeaient une barricade.

Craignant de nouvelles violences, elle avait demandé des renforts auprès d'autres quartiers et emprunté des fourgons à la Suède, a déclaré le porte-parole de la police, Flemming Steen Munch.

«Nous pouvons dire que la nuit a été beaucoup plus calme, émaillée de très peu d'incidents qui se sont résumés à des poubelles incendiées, de gros pétards et une seule voiture brûlée», a déclaré Lars Borg, un porte-parole de la police de Copenhague.

«Nombre record» de jeunes arrêtés

Parents et d'associations de citoyens se sont dits choqués de voir les autorités danoises fouler au pied les conventions internationales qui interdisent de mettre les enfants dans les prisons pour adultes.

«Il est illusoire de croire que les troubles sont l'œuvre d'une minorité de jeunes. Car on n'a jamais arrêté et emprisonné autant d'adolescents de 14 à 18 ans que ces dernières 48 heures, et il y encore des milliers de protestataires dans les rues», a affirmé samedi Rasmus Willig, président de l'association des sociologues du royaume.

«Les politiques devraient se demander si ce nombre record d'arrestations de jeunes n'est pas un signe de malaise de la jeunesse», a-t-il déclaré.

Symbole

Samedi, une manifestation de soutien avec les jeunes a été organisée à Copenhague, réunissant quelque 2000 personnes. «Nous voulons montrer notre solidarité avec ces jeunes qu'on traite comme des terroristes» a déclaré Lars Sommerfelt, un septuagénaire membre d'un groupe de citoyens de Noerrebro favorable à «Ungdomshuset», la maison de jeunes évacuée.

A l'origine de la crise, «Ungdomshuset», une maison de quatre étages mise à la disposition des jeunes depuis 25 ans par la mairie de Copenhague, qui l'a néanmoins vendue en 2001. Ses nouveaux propriétaires, une communauté religieuse, avaient obtenu en août 2006 une ordonnance d'expulsion de ses occupants.

Ungdomshuset était devenue un temple de la culture alternative au Danemark et un des symboles de la culture souterraine en Europe.

(ats)

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