1er mai: Appel à des salaires équitables

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1er maiAppel à des salaires équitables

Quelque 12'000 personnes ont participé pacifiquement au cortège officiel du 1er mai mardi à Zurich. Le président de l'Union syndicale suisse et un syndicaliste égyptien ont plaidé pour des salaires équitables.

Après avoir défilé au centre ville en milieu de matinée, les participants se sont retrouvés à la Bürkliplatz au bord du lac. Face à eux, le président de l'Union syndicale suisse (USS) et conseiller aux Etats st-gallois Paul Rechsteiner s'est alors exprimé, appelant la gauche à se réorienter.

Elle doit répondre à nouveau aux besoins et aux problèmes des gens. Mais pour cela, la gauche doit batailler non seulement dans les villes mais aussi dans les agglomérations. «Il n'y a pas de loi de la nature qui assigne une agglomération à l'UDC», a souligné M. Rechsteiner.

Il a prôné une politique salariale raisonnable ainsi que des conventions collectives se souciant que chacun bénéficie des fruits du développement économique et «pas seulement les actionnaires et une petite minorité de profiteurs». Le président de l'USS a également préconisé un renforcement de l'AVS.

Justice et droit au travail

Plus tard, le syndicaliste égyptien Kamal Abbas en a appelé à la solidarité envers les travailleurs de son pays. «Durant plus de 60 ans, ils ont vécu sous la tyrannie», a-t-il dit, évoquant des conditions comparables à de l'esclavage avec des journées de labeur de douze heures pour des salaires misérables.

Les travailleurs égyptiens ont surmonté leur peur, a-t-il dit, et la révolution de l'an passé y a grandement contribué. «Nous exigeons la justice, un droit au travail, des salaires équitables et une vie humaine». Il a invité à résister à un système de domination autoritaire et exploiteur ainsi qu'aux multinationales qui réalisent des milliards de bénéfice sur le dos des travailleurs.»

Nombreux policiers

La manifestation a été un succès, s'est réjoui le comité d'organisation dans un communiqué. Quelque 300 extrémistes de gauche y ont pris part, selon la police qui ne signale aucun incident. Le canton et la ville avaient déployé un important effectif de sécurité dans le centre ville.

Politique de la droite fustigée en Suisse

Le ministre de l'Intérieur était de passage en fin de matinée à Fleurier (NE). Il estime «essentiel d'allier le développement social au développement économique», selon la version écrite de son allocution. Il a évoqué les souffrances physiques mais aussi psychiques que peut provoquer le travail sur la santé.

Aux yeux du conseiller fédéral fribourgeois, des assurances sociales de qualité constituent la marque la plus sûre que le développement social accompagne le développement économique. Il a aussi plaidé pour l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Privilèges fiscaux

Alors que maints cortèges et discours sont programmés cet après- midi ou en début de soirée en Suisse, des leaders syndicaux et quelques politiciens de gauche ont déjà fait entendre leurs revendications en matinée.

Christian Levrat, par exemple, s'est inquiété de tendances néolibérales en Suisse. Pour le président du Parti socialiste, la Suisse subit «une évolution similaire à celle qu'a connue l'Angleterre sous Margaret Thatcher, mais plus silencieuse, plus sournoise», analyse-t-il dans une vidéo postée sur le site Internet du PS.

«La stagnation des salaires et la désindustrialisation rampante de notre pays» sont les stigmates de l'échec d'une droite. Le président du PS et conseiller national fribourgeois dénonce en particulier «les libéraux qui préfèrent visiblement attirer les sièges administratifs de grandes sociétés étrangères à grands renforts de privilèges fiscaux plutôt que défendre le tissu industriel existant».

Rentes en danger

A Lucerne, l'économiste en chef de l'Union syndicale suisse Daniel Lampart a lui aussi dénoncé les réductions d'impôts accordées aux riches. Le système fiscal fait des cadeaux aux nantis et se rattrape sur les citoyens normaux, a-t-il fait remarquer. Et pourtant «sans les travailleurs, la Suisse s'arrêterait de tourner». Le monde politique suisse est au service de la classe supérieure, a- t-il déploré.

M. Lampart a poursuivi en critiquant les salaires trop bas pour vivre, les tentatives d'allonger les horaires d'ouverture des magasins ou les attaques pour faire baisser les rentes. Qui travaille doit recevoir un salaire correct, juge-t-il. Ces raisons sont autant de motifs pour les syndicats à continuer de se battre.

Impôt sur les successions

Le coprésident d'Unia Andreas Rieger s'est exprimé à Kreuzlingen (TG)/Constance, deux villes à cheval sur la frontière helvético- allemande. Il a notamment observé que la droite s'applique à creuser encore plus le fossé entre riches et pauvres.

A son avis, l'Europe n'a pas besoin d'un nouveau programe d'économies mais d'un «plan Marshall» visant à promouvoir des investissements dans les infrastructures, la formation et la recherche. Des mesures qui pourraient être financées en particulier par un impôt sur les transactions financières au sein de l'Europe et un impôt sur les successions en Suisse.

Merck Serono

Plusieurs autres manifestations sont programmées d'ici mardi soir. A Genève, le personnel de Merck Serono se mobilise en début d'après-midi. Il va se rassembler devant l'entrée principale du site, puis rejoindra la manifestation syndicale officielle en ville.

La ministre de justice et police Simonetta Sommaruga doit s'exprimer à Berne et le président du PS Christian Levrat est attendu pour une allocution en fin d'après-midi à Yverdon-les-Bains (VD). Le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard prendra la parole à Nyon (VD). (ats)

Les sièges du PS et des Verts vandalisés à Genève

Les sièges genevois du Parti socialiste (PS) et des Verts ont été victimes de déprédations dans la nuit de lundi à mardi, ont annoncé plusieurs médias genevois. Les vitrines et les façades des deux partis ont été maculées de peintures rose et brune.

Les devantures des deux locaux, qui sont situés dans la même rue, ont été souillées par des jets de peinture. La citation d'Elsa Triolet «Les barricades n'ont que deux côtés» a également été inscrite sur les vitres des Verts. Les deux partis ont fait constater les dégâts par la police et porteront plainte mercredi contre cette action anonyme.

«Nous ne savons pas qui est l'auteur de ce geste lâche. Nous n'avons reçu aucun avertissement. Si quelqu'un avait une revendication, elle aurait mieux fait de venir nous en faire part», a déclaré à l'ats Romain de Sainte Marie, co-président des Jeunes socialistes genevois. «Cela montre bien qu'on ne peut pas maîtriser tous les militants», renchérit Emilie Flamand, présidente des Verts.

Tous deux mettent en lien cette incivilité avec la nouvelle loi sur les manifestations, qui accroît la responsabilité des organisateurs en cas de débordements.»Nous craignons que cela ait un rapport avec le 1er mai car nous faisons partie des organisateurs», dit Emilie Flamand. «Nous allons être particulièrement attentifs à ce qu'il n'y ait aucun débordement lors du cortège», conclut Romain de Sainte Marie.

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