Genève: Appel à une manifestation générale contre l'austérité
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GenèveAppel à une manifestation générale contre l'austérité

Alors que les négociations entre Etat et fonction publique doivent reprendre bientôt, les syndicats veulent remobiliser les troupes. Pas de grève prévue dans l'immédiat.

par
David Ramseyer
Les fonctionnaires manifestent dans les rues, lors du 7e jour de grève de la fonction publique genevoise, le 15 décembre 2015.

Les fonctionnaires manifestent dans les rues, lors du 7e jour de grève de la fonction publique genevoise, le 15 décembre 2015.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Tout le monde est invité: les fonctionnaires, les syndicats du secteur privé, les partis politiques, le monde associatif et de manière générale les habitants du canton. Le Comité unitaire de lutte de la fonction publique a annoncé ce jeudi une grande manifestation «contre l'austérité», le samedi 28 mai.

Cibles principales de cette action dont les contours restent à définir: les mesures d'économies voulues par le Canton. «Elles frapperont la population dans son entier car elles péjoreront les prestations», a martelé le président du cartel intersyndical de la fonction publique. Marc Simeth et les membres du Comité unitaire ont fait part de leur colère lors d'un point de situation sur les discussions avec l'Exécutif. La récente annonce de comptes 2015 bien meilleurs que prévus et l'absence de budget 2016 décidée par le Conseil d'Etat, alors que depuis des mois ce dernier plaide pour des économies drastiques, ont très mal passé.

Des chiffres qui font polémique

«On s'est fait enfumer!», a tonné Marc Simeth, en parlant des comptes. En août dernier, le Canton avait prévu un déficit de 200 millions de francs et appelé à un plan d'austérité. Mais le 22 mars 2016, il annonçait finalement une perte de 21 millions, tandis qu'une provision de 207 millions a été constituée pour renflouer la caisse de pension de l'Etat. Dès lors, les mesures envisagées par le gouvernement - baisse des salaires, hausse du temps de travail, non-remplacement des départs naturels, etc. - n'ont plus lieu d'être selon le Comité. «Nous exigeons leur retrait complet comme base aux discussions qui doivent reprendre le 22 avril avec l'Exécutif», a indiqué Paolo Gilardi, du syndicat de la fonction publique. Et ce d'autant plus qu'en l'absence de budget pour cette année, des centaines de postes supplémentaires prévus vont manquer à l'appel, d'après lui.

Discussions au point mort

Le Comité unitaire assure qu'en fait de négociations, c'est le vide absolu qui prédomine: «Le Canton refuse systématiquement nos propositions d'économie». Lesquelles? Elles ne concernent pas directement la fonction publique. Mais une suspension du bouclier fiscal, une hausse d'impôts pour les plus hauts revenus, de meilleurs contrôles fiscaux et un reversement plus important des bénéfices de certaines régies autonomes comme l'aéroport permettraient d'économiser des centaines de millions chaque année, assure le Comité. Ce dernier demandera à l'assemblée du personnel de l'Etat, lundi prochain, d'accepter formellement ses propositions. La réunion devra aussi permettre de «remobiliser» les fonctionnaires, notamment en vue de la manifestation du 28 mai. Mais pour l'heure, aucune grève comme celles qui ont touché l'administration cantonale fin 2015 ne sont prévues.

Propositions des employés balayées

Enfin, les plus de 3000 solutions d'économie suggérées par les employés de l'administration suite à une consultation mise sur pied par le Canton et dont les résultats ont été dévoilés mercredi, se résument à «une mauvaise idée nauséabonde que nous n'acceptons pas, a déclaré Marc Simeth. Cela montre les limites d'un gouvernement dont la tâche est de décider, pas de faire du populisme de bas étage.»

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