Etats-Unis: Appel à une pause des manifestations
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Etats-UnisAppel à une pause des manifestations

Le maire de New York, accusé d'encourager les protestations contre les violences policières, a appelé lundi ses administrés à faire une pause dans leur mouvement, après la mort de deux agents samedi.

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22.12 Le maire de New York Bill de Blasio, accusé d'encourager les manifestations contre les violences policières, a appelé lundi ses administrés à faire une pause dans leur mouvement. Ceci afin de rendre hommage aux deux policiers assassinés samedi.

22.12 Le maire de New York Bill de Blasio, accusé d'encourager les manifestations contre les violences policières, a appelé lundi ses administrés à faire une pause dans leur mouvement. Ceci afin de rendre hommage aux deux policiers assassinés samedi.

Keystone/AP/David Karp
Un homme a abattu samedi deux policiers à New York avant de se suicider, a annoncé le chef de la police new-yorkaise.

Un homme a abattu samedi deux policiers à New York avant de se suicider, a annoncé le chef de la police new-yorkaise.

Un message laissé sur Internet évoque un acte de vengeance pour la mort d'un Noir désarmé lors d'un incident cet été avec les forces de l'ordre.

Un message laissé sur Internet évoque un acte de vengeance pour la mort d'un Noir désarmé lors d'un incident cet été avec les forces de l'ordre.

Wenjian Liu, 32 ans, et Rafael Ramos, 40 ans, ont été assassinés de sang-froid en plein jour dans une cité HLM de Brooklyn, dans leur voiture de patrouille. Ce drame intervient après plusieurs semaines de virulentes manifestations contre les brutalités policières à l'encontre de la communauté noire, dont Michael Brown et Eric Garner ont été les victimes ces derniers mois.

Ce qui rend le geste de l'agresseur, qui s'est suicidé après son crime, particulièrement choquant aux yeux des policiers, c'est sa rhétorique violemment anti-forces de l'ordre, attisée, selon eux, par Bill de Blasio.

L'édile, invité par la police à un déjeuner, a déclaré lundi que ces assassinats «étaient une attaque contre la démocratie, nos valeurs et contre chacun des New-Yorkais». Aussi, «il est temps de mettre de côté les luttes partisanes et de faire une pause dans toutes ces choses dont nous parlerons en temps et en heure», a dit le maire, soucieux de calmer le débat.

Débat entre parenthèses

Bill de Blasio, un démocrate de gauche marié à une femme noire, est accusé par les policiers de n'avoir d'yeux que pour les manifestants et de traiter avec mépris les agents et les défis auxquels ils sont confrontés. Pour tenter d'apaiser les tensions, il a appelé les manifestations à suspendre leur mouvement de protestation jusqu'à l'enterrement des deux policiers.

«Je demande à tous les groupes qui comptaient organiser des rassemblements politiques ou des protestations de le faire un autre jour. Accompagnons ces familles le long de ce voyage difficile. Le débat pourra reprendre ensuite», a-t-il déclamé.

Le meurtrier des deux policiers était «un individu violent et profondément troublé», a-t-il estimé, appelant les habitants à se retrouver autour de leurs valeurs communes en tant qu'Américains et New-Yorkais. «Nous avons tous besoin de mieux nous comprendre et de mieux nous écouter», a-t-il encore lancé, semblant écraser une larme.

«Geste déplacé»

Lundi matin, le chef de la police new-yorkaise avait endossé les habits de médiateur sur la chaîne NBC pour apaiser les tensions. Tout en admettant que M. de Blasio s'était aliéné «certains agents», il a volé au secours d'un maire encore relativement novice dans l'art de ménager les susceptibilités, puisqu'il a pris ses fonctions il y a un an à peine.

M. Bratton a apostrophé les policiers qui avaient ostensiblement tourné le dos au maire de New York à son arrivée à l'hôpital où les deux agents avaient été transférés. «Je ne soutiens pas ce geste, je pense que c'était déplacé, surtout dans ce contexte. Ceci dit, il reflète la colère de certains d'entre eux», a expliqué Bill Bratton.

Mais, d'après lui, Bill de Blasio n'a «en rien» exacerbé les risques auxquels font face les policiers.

D'abord très virulents à l'encontre du maire, les syndicats de policiers new-yorkais ont décidé de s'abstenir de tout commentaire jusqu'à nouvel ordre. (ats)

Policier tueur blanchi

Un agent de Milwaukee, au nord des Etats-Unis, qui avait en avril dernier tué de 14 balles un homme noir apparemment SDF, ne sera pas poursuivi en justice. L'affaire avait alors provoqué plusieurs manifestations. Cette décision intervient alors que la justice a décidé à plusieurs reprises ces dernières semaines de ne pas poursuivre des policiers responsables de la mort de Noirs. L'agent de Milwaukee Christopher Manney, depuis licencié, avait abattu le 30 avril dernier Dontre Hamilton, 31 ans, après avoir été appelé par des employés d'un café gênés par cet homme qui dormait dans un parc voisin.

Les deux hommes en étaient venus aux mains au moment de l'interpellation, jusqu'à ce que le policier use de son arme.

«C'est un incident tragique pour la famille Hamilton», écrit le procureur John Chisholm en conclusion de son rapport. Mais, «au vu des témoignages et de l'analyse des faits, j'en conclus que le policier Manney a fait usage de son arme car il était en état de légitime défense. Par conséquent, il n'y a pas lieu de l'inculper pour crime.»

Selon le «Milwaukee-Wisconsin Journal Sentinel», l'avocat de la famille, Jonathan Safran, va demander une enquête fédérale.

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