Sommet ibéro-américain: Appel à une réunion d'urgence à l'ONU
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Sommet ibéro-américainAppel à une réunion d'urgence à l'ONU

Le 18e Sommet ibéro-américain réuni au Salvador a appelé jeudi à l'étude d'une «réunion d'urgence» de «chefs d'Etat et de gouvernement, dans le cadre de l'ONU, face à la gravité de la crise financière».

Les dirigeants ibéro-américains ont approuvé cette résolution en séance plénière. Le consensus auquel le président salvadorien Elias Antonio Saca les avait appelés, en leur demandant de s'exprimer «d'une seule voix», ne semblait pourtant pas garanti. Le Venezuela proposait ce sommet sous l'égide de l'ONU, mais le Brésil régimbait, et le président Evo Morales avait déclaré à la tribune: «pas question de sauver le capitalisme».

Toutefois, dans leur communiqué, les dirigeants ibéro-américains «rappellent la responsabilité du système financier des pays développés dans la crise actuelle». Ils soulignent aussi «l'importance d'une participation active de la communauté ibéro-américaine à la définition d'une réponse internationale», et insistent sur «la nécessité de coordonner et concerter les actions avec la participation des pays en développement».

Déclaration commune

Dans cette ligne, les dirigeants réunis à San Salvador ont résolu de «coordonner les positions avant la prochaine Conférence de Doha sur le financement du développement», en décembre prochain. Ils souhaitent présenter leur déclaration commune au sommet du G20 sur la crise économique, le 15 novembre à Washington, auquel l'Espagne n'a pas perdu espoir de participer, comme l'a rappelé à San Salvador son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos.

Mobilisés contre la crise financière, et malgré les prévisions de croissance revues à la baisse, les dirigeants ibéro-américains se sont accordés à constater que leur région l'affronte cette crise «en de meilleures conditions que dans le passé». Ils ont averti, toutefois, dans leur déclaration commune: leurs pays «ne doivent pas sous-estimer ses effets potentiels sur le secteur de l'économie réelle, ni sur la stabilité politique et sociale de la région».

Réduire la pauvreté

Le sommet de San Salvador, qui clôturera ses travaux vendredi à la mi-journée, était initialement consacré au thème «jeunesse et développement», mais la crise s'est imposée à ses réflexions. Il n'a cependant pas oublié les jeunes, qui, de 15 à 29 ans, représentent 35% de la population de la région. Sa «Déclaration de San Salvador» appelle à des programmes d'éradication de la pauvreté pour la jeunesse, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Un «Engagement de San Salvador», adopté avec la Déclaration, propose des initiatives concrètes, comme «l'Ibérorchestre de la jeunesse» et le projet brésilien «Segundo Tempo» de prévention de la délinquance par la pratique du sport.

Castro et Chavez absents

Dans ses diverses communications, le Sommet de San Salvador a condamné «le terrorisme sous toutes ses formes», et particulièrement l'attentat à la voiture piégée qui a fait 17 blessés jeudi matin en Espagne sur le campus de l'université de Navarre, à Pampelune. Un «acte terroriste», avaient dénoncé à la tribune le roi Juan Carlos et son Premier ministre Jose Luis Rodriguez Zapatero.

Le Sommet a également condamné le «crime organisé», réclamé une fois de plus la levée de l'embargo imposé à Cuba par les Etats-Unis, et réaffirmé la souveraineté de l'Argentine sur les îles Malouines.

Deux absences ont été particulièrement remarquées à San Salvador: celle du leader cubain Raul Castro, représenté par le vice-président Carlos Lage, et celle du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a annulé son déplacement en invoquant des «menaces» contre sa sécurité.

(ats)

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