Genève: Appel au secours lancé pour une course à pied
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GenèveAppel au secours lancé pour une course à pied

Epreuve populaire et historique, le Tour du canton crie à l'aide sur les réseaux sociaux pour organiser les prochaines éditions, en danger.

par
David Ramseyer
Chaque étape du Tour pédestre du canton de Genève (ici à Dardagny, au printemps dernier) se dispute généralement en plusieurs boucles, sur une distance totale de 8 à 10 kilomètres.

Chaque étape du Tour pédestre du canton de Genève (ici à Dardagny, au printemps dernier) se dispute généralement en plusieurs boucles, sur une distance totale de 8 à 10 kilomètres.

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Le message déposé jeudi passé sur Facebook affiche un émoji avec des mains jointes en prière, un autre avec une larme. Sous le statut «dégoûté» figure une supplique: «Le comité du Tour se confronte à de nombreux refus afin de trouver des lieux pour vous accueillir en 2018. On compte sur vous».

Organisation pas toujours facile

Pour la 24 édition de l'unique course pédestre par étapes au bout du lac, à laquelle participent chaque année 2300 personnes, seuls deux des quatre parcours prévus les mercredi soirs entre mai et juin prochains sont finalisés. En cause: la difficulté de dénicher des communes prêtes à accueillir l'événement. «On ne leur en veut pas, assure Christine Charpiot, du comité d'organisation. Et même, on les comprend: elles peuvent être effrayées par la venue de centaines de concurrents. Il faut aussi trouver des parkings et prévoir des restrictions de circulation».

Le Tour du canton encourage donc ses adeptes à faire jouer leurs relations pour inciter les municipalités à héberger l'une des étapes de la cuvée 2018. Chaque course repose aussi sur une cinquantaine de bénévoles, généralement issus de clubs sportifs locaux. C'est également à eux que s'adresse le message des organisateurs.

Soucis à répétition

La commune de Lancy a été partenaire de la manifestation à plusieurs reprises. Une joie et une fierté pour le conseiller administratif chargé des sports, Frédéric Renevey... Mais aussi un souci. «Il faut trouver une zone de stationnement, la sécuriser, prévoir l'accueil, installer une signalétique et mobiliser la police municipale ainsi que la voirie, liste le magistrat. Nous devons aussi définir un parcours en dehors des axes de circulation pour limiter l'impact sur le trafic automobile et les transports publics».

Les difficultés du Tour pour trouver une terre d'accueil ne sont pas nouvelles. L'an passé, la 4e étape avait été mise sur pied in extremis. En 2015, il n'y avait eu que trois courses. Plusieurs fois, l'épreuve a dû s'exporter dans le canton de Vaud et en France voisine. Même si les inscriptions affichent complet, l'avenir n'est donc pas rose, confirme Christine Charpiot: «Nous sommes menacés de disparition».

Sérénité dans les campagnes romandes

Organisé deux fois par an, le Tour du Pays de Vaud ne connaît pas les mêmes soucis d'organisation que son homologue genevois. Le nombre de coureurs y est deux fois moins important, ce qui limite les besoins en parkings et en bénévoles. Mais surtout, les vastes campagnes vaudoises permettent de courir en forêt ou à travers champs. "Cela crée forcément moins de perturbations que dans un canton plus urbain comme Genève", souligne l'organisatrice de l'épreuve, Josette Bruchez. Même son de cloche chez Sébastian Imesch, à la tête du Tour du Chablais, où un millier de concurrents s'élance sur chacune des six étapes: "En zone rurale, le bus passe une fois par heure, les blocages sont donc réduits."

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