Actualisé 20.06.2017 à 21:27

Pharmaceutique

Appel mondial pour interdire le triclosan

La substance chimique, qu'on trouve notamment dans certains dentifrices est dangereuse pour la santé estiment les scientifiques.

Interdire dans le monde entier le triclosan, substance chimique antibactérienne jugée dangereuse: c'est l'appel mondial lancé par 206 scientifiques, médecins et experts de 29 pays, dont la Suisse, ainsi que neuf organisations sanitaires européennes.

«Le problématique biocide qu'est le triclosan ne doit être utilisé, dans le monde entier, que pour les seules applications médicales spéciales», exige l'appel publié mardi dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives.

Le triclosan apparaît toujours dans de nombreux produits, notamment d'usage quotidien, comme dans certains dentifrices et produits cosmétiques ou dans des chaussures et vêtements de sports. En tant que molécule, il a une action hormonale. Il peut être décelé dans le lait maternel presque partout dans le monde. C'est pourquoi il est problématique d'un point de vue sanitaire, écrivent les signataires.

Jusqu'ici, les autorités américaines, européennes et suisses interdisent le triclosan comme produit de désinfection dans les savons et les produits de nettoyage. Mais les plus de 200 signataires veulent aller plus loin dans l'interdiction.

Plusieurs conséquences

«Pour le consommateur, le triclosan dans les produits cosmétiques ne présente aucun bénéfice immédiat. A cette concentration, il n'a pas d'action désinfectante sur la peau», dit Hanns Moshammer des Médecins pour un Environnement Sain (MES) en Autriche.

«Il peut toutefois nuire à la flore cutanée», ajoute son collègue autrichien Hans-Peter Hutter, professeur associé et docteur en médecine, de l'organisation Médecine et Protection de l'Environnement (MPE).

«La substance est soupçonnée de déclencher le cancer du sein, d'altérer les spermatozoïdes, d'attaquer le foie et les muscles ainsi que de favoriser la résistance aux antibiotiques. La substance irrite la peau», explique Peter Kälin, docteur en médecine, président des Médecins en faveur de l'Environnement (MfE) en Suisse. Il est également «un allergène connu», souligne Silvia Pleschka de la Fédération Allemande Asthme et Allergies (FAAA).

Mesures adoptées en Suisse

En 2015, Berne s'était aligné à l'UE afin d'interdire l'usage de ce produit dans les vêtements pour limiter le dégagement d'odeurs. La concentration maximale de cette substance dans les cosmétiques a en outre été abaissée à 0,2%, contre 0,3% auparavant. En revanche, pour le Conseil fédéral, les connaissances scientifiques jusqu'ici ne justifiaient pas une interdiction généralisée, avait répondu à une interpellation le gouvernement en mars 2015. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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