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GenèveAppendicite prise pour une gastro aux urgences

Les HUG n'ont pas décelé l'inflammation d'un garçon de 6 ans qui a ensuite dû subir une lourde opération. Le diagnostic est complexe.

par
tpi/jef
Mouad a passé plusieurs heures au bloc opératoire.

Mouad a passé plusieurs heures au bloc opératoire.

AFP/Martin Bureau

«Il est choqué, il a eu peur de mourir», souffle sa maman. Trois semaines après sa mésaventure, Mouad va mieux. Mais le garçon de 6 ans en garde un souvenir traumatisant. Mi-décembre, sa mère l'emmène fiévreux et pris de vomissements aux urgences de l'hôpital cantonal (HUG). Après six heures d'attente, un médecin pose son diagnostic: c'est une gastro-entérite. Soupçonnant quelque chose de plus grave, la famille demande d'autres examens. Inutile, selon le praticien.

Trois jours plus tard, retour aux HUG. Cette fois, Mouad tremble de douleurs. Son appendicite, qui n'avait pas été détectée la première fois, s'est perforée. Il faut opérer. Après plusieurs heures de chirurgie et cinq jours de convalescence, le garçon peut rentrer chez lui. «On ne comprend pas comment le médecin a pu passer à côté, pestent aujourd'hui les parents. Nous pensions que c'était plus grave, mais on ne nous a pas écoutés. Il ne faut plus que ça puisse se reproduire.»

«Une situation malheureusement fréquente»

Les HUG ne commentent pas les cas particuliers. Mais ils précisent qu'aux premiers stades de l'inflammation, certains symptômes de l'appendicite et de la gastro sont identiques. Par ailleurs, la première est rare chez les enfants de moins de 10 ans. «Dès lors, si les signes cliniques spécifiques de l'appendicite sont absents ou peu clairs, il arrive que le diagnostic de gastro-entérite soit posé. Et parfois, c'est avec le temps que le tableau clinique évolue et devient plus clair», ajoute leur porte-parole.

«C'est malheureusement une situation très fréquente, confirme un spécialiste en pédiatrie, qui refuse de parler ici d'erreur. Pour nous aider, il y a effectivement des examens de sang, mais ils ne sont pathologiques que tardivement, quand l'appendice est tellement enflammée qu'il y a des molécules qui sont relâchées dans le sang. Une échographie est aussi là pour nous aider, mais il faut également que ce soit avancé pour voir quelque chose. C'est vraiment un diagnostic difficile.»

Le docteur décide

Les parents de Mouad regrettent que le premier urgentiste n'ait pas donné suite à leur requête de procéder à des examens complémentaires. «Les décisions d'examen sont prises par le médecin en fonction de leur utilité, expliquent les HUG sans parler de ce cas précis. Par exemple, on ne va faire une radio à un enfant que si le bénéfice attendu est supérieur aux risques liés aux radiations. L'élément de coût entre aussi en ligne de compte.»

«C'est très fréquent qu'un patient ou des parents demandent des examens, ajoute un spécialiste. "J'ai mal à la tête, je veux une IRM.", "J'ai mal au ventre, je veux un scanner", "J'ai de la fièvre, je veux un bilan de sang". Et c'est la responsabilité du médecin de ne pas faire des examens inutiles, voire dangereux. Parce que dans 99% des cas, c'est une migraine, une gastro ou une grippe. Mais dans 1% des cas, ce sera une tumeur cérébrale, une appendicite ou une leucémie.»

En revanche, le médecin devrait toujours s'assurer que le patient a bien compris les raisons qui motivent ses choix.

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