«Contre l'immigration de masse»: Appliquer l'initiative là où elle a été acceptée

Actualisé

«Contre l'immigration de masse»Appliquer l'initiative là où elle a été acceptée

Le président du PS Christian Levrat propose de mettre en oeuvre «au plus près de la volonté du peuple» le texte de l'UDC sur l'immigration, accepté dimanche du bout des lèvres par les Suisses.

Le texte a été accepté principalement «dans les campagnes. Les villes et les centres économiques du pays l'ont rejeté», constate Christian Levrat dans une lettre ouverte diffusée mercredi sur le ton de la provocation dans les quotidiens «Le Temps» et «Blick». Il s'agit «de prendre au sérieux la volonté populaire et de mettre cette initiative en oeuvre».

Le président du PS n'est pas le premier à évoquer cette forme d'application du texte de l'UDC. Dans l'«Aargauer Zeitung» mardi, sa collègue socialiste de la Chambre des cantons, la Bâloise Anita Fetz (PS/BS) affirmait que «plus un canton ou une commune a voté en faveur de l'initiative, moins il devrait obtenir de contingents».

Une proposition qui ne convainc pas le président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances (CDF), Peter Hegglin (PDC/ZG). Le conseiller d'Etat donne sa préférence à d'autres critères de répartition des contingents: par exemple le nombre d'habitants ou la force économique, évoque-t-il auprès de l'ats.

L'attribution devra se faire «au plus près des besoins». Mais il s'agit d'abord de tenir une large discussion sur la question, temporise-t-il.

Abolition des forfaits fiscaux

Christian Levrat énumère lui dix premières mesures, «afin de répondre de manière ciblée aux inquiétudes exprimées dimanche dernier». Le Fribourgeois propose notamment de durcir la loi sur l'aménagement du territoire et d'appliquer l'initiative sur les résidences secondaires «dans toute sa rigueur».

Le conseiller aux Etats met également en avant des mesures fiscales. Une hausse de l'impôt sur les sociétés internationales au niveau de celui des sociétés suisses et l'abolition des forfaits fiscaux pour les étrangers dans toute la Suisse permettraient de «respecter la volonté populaire sans pour autant casser la croissance économique et la vitalité du pays», affirme-t-il.

La lutte contre le travail au noir et la protection des salariés suisses, avec l'introduction d'un salaire minimum légal, devraient encore permettre de «remplir rapidement les promesses de l'initiative de l'UDC», estime le président du PS, qui se demande toutefois si cela correspond à «la volonté de tous ceux qui ont voté 'oui'».

L'initiative, acceptée par 50,3% des votants, réclame la réintroduction de contingents d'étrangers, demandeurs d'asile et frontaliers y compris. La Suisse romande unanime ainsi que des cantons alémaniques économiquement fort tels que Zurich, Bâle-Ville ou Zoug, s'y sont vainement opposés. (ats)

Electricité: pas de plan B

Après la suspension mardi des négociations de l'accord sur l'électricité avec l'UE, le directeur de l'Office fédéral de l'énergie Walter Steinmann prévoit des difficultés pour les entreprises suisses dès l'an prochain. Le secteur de l'électricité risque de perdre la connexion au marché unique. L'office n'a pas de plan B, a déclaré M. Steinmann dans une interview publiée mercredi par la «Neue Zürcher Zeitung». Il faut maintenant attendre, précise-t-il. Un partenariat avec les pays voisins est possible. «A ce niveau, il est plus facile de réaliser une nouvelle ligne électrique transfrontalière», dit-il.

Ton opinion